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Journal de bord de Fernando de la Cruz - Chapitre IV

juin 14 2004

Ca y est ! Nous sommes enfin dans le monde civilisé ! Quoique, si j'en crois les autres, les gens d'ici non pas trop de remords à trouver des prétextes pour traiter en esclaves les gens et les envoyer dans les mines de fer situées au nord.En tout cas c'est dans ce genre de ville gigantesque que l'on voit mieux la montée des eaux : dans le port, il faut éviter les anciens toits des maisons et seules dépassent encore les demeures les plus hautes. Tout autour, une ville chaotique s'est installée depuis le déluge. Les autres sont partis se saouler, mais pour ma part je préfère rester ici à essayer de planifier l'avenir. C'est vrai que d'être capitaine me convient parfaitement dans la mesure où je n'ai pas une minute pour m'apitoyer sur mon sort. Si j'ai bien compris, en commerçant les bons produits avec les bonnes villes, il y a moyen de faire des bénéfices substantiels. Typiquement, il faudrait acheter de la poudre ici pour la revendre de l'autre côté de l'île. Cela me semble une bonne opération, vu que ce n'est pas trop loin et toujours en vue des côtes pour le cas où nous viendrions à manquer de nourriture. Il faut maintenant faire les comptes pour voir ce que nous pouvons acheter avec nos maigres ressources. D'autant que vu la taille du bateau, nous ne pouvons garder que deux marins, Miguel l'espagnol et le Kehana (j'avoue que je n'approuve guère sa rudesse, mais il fait une bonne vigie). Quant aux autres marins, nous ne pouvons même pas les payer ! Mais ils le savaient déjà, c'était ça ou la mort, je présume que c'est toujours mieux que rien. Les autres sont bien décidés à rester, même Equias, ce qui finalement n'est pas plus mal, car si j'ai bien compris, son ancien métier consistait à certifier que la marchandise vendue n'est pas volée. Il n'est pas sympathique mais sera probablement très utile quant à négocier.

Hum, la plupart de l'équipage a une sacrée gueule de bois, à part Seltus et Mel. Cette dernière m'a dit qu'il y avait moyen de gagner 10000 pièces de huit en ramenant vivante une créature, qu'elle m'a décrite comme étant une sirène ! J'ai toujours du mal a porter crédit à ce genre d'affabulation en temps normal, mais sur ce monde, tout a l'air possible. Enfin si ces créatures sont comme les sirènes de chez nous, elles sont censées ensorceler les hommes d'équipage avec leur chant et les faire se noyer. Wilhem m'a aussi dit qu'elles faisaient s'échouer les bateaux. Mel a bien suggéré de se boucher les oreilles, ce qui semble être une bonne idée, mais est-ce que ce sera suffisant ? On va peut-être commencer par faire du commerce, manière de s'équiper plus convenablement pour les opérations de ce style à venir.

Equias et Mel ont pu vendre la cargaison que le Kraken avait récupéré sur le navire de Jonas Abrahams. Avec ça et 250 pièces de huit avancées par le Kraken, nous avons pu acheter deux cargaisons de poudre, un filet pour pêcher durant nos voyages, ainsi que des boulets pour nos canons. Nous partons donc demain pour Timin, sur la côte est de l'empire Kieran.

Le voyage s'est bien passé, si on excepte un autre Galion qui a essayé de nous rattraper à la sortie de Kiera, et surtout nous avons croisé la flotte de l'inquisition de Torquemada, un espagnol expatrié ici et qui a décidé d'éradiquer tous les mages. Leur flotte est impressionnante, vu qu'il y a deux galions et un énorme navire manié à la rame, dans la mesure où les mats servent à pendre les mages ! C'est vraiment un sale spectacle, où l'on reconnaît bien les pratiques de l'inquisition à l'espagnole... Sinon nous avons effectivement fait un beau profit, suffisamment pour pouvoir acheter deux cargaisons de bois que nous pourrons revendre à Kiera. Nous repartons demain.

Décidément, les animaux démesurés vont finir par ne plus m'étonner. Nous venons de nous faire attaquer par un oiseau gigantesque, un Roc comme ils le nomment ici. Sa taille dépasse l'entendement ! Il a fondu sur le bateau et l'a agrippé avec ses serres monumentales. Les coups de feu ne faisant pas grand chose, nous nous sommes tous jetés sur lui furieusement alors qu'il prenait son envol. Il s'en est fallu de peu que nous mourrions tous, car quand le coup fatal porté par la magie du Kraken a abattu le Roc, nous étions déjà une bonne dizaine de mètres au dessus de l'eau. Heureusement que les blessures sont plutôt superficielles et qu'Elena a pu nous soigner. Notre bateau aussi est assez mal en point, comme on peut l'imaginer, mais il devrait tenir jusqu'à Kiera. Espérons que nous ne fassions pas d'autres mauvaises rencontres comme celle-la, car je ne suis pas sûr que nous en réchappions...