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Retour à Greyhawk

juil. 06 2005

Enfin, la lumière du jour. Voici la première étape de notre quête terminée. Mais je suis convaincu que cette histoire comporte encore de nombreuses inconnues et qu'il est fort possible que notre retour à Greyhawk ne soit qu'un nouveau commencement. Cependant, pour le moment, l'heure est à la détente et après l'oppressant caveau où nous venons de passer quelques temps c'est le cœur léger que nous décidons d'aller jeter un coup d'œil à l'entrée de la mine. C'est étrange comme quoi, après s'être sortis d'une affaire qui ne semblait pas forcément dépourvue de risques, nous éprouvons le désir de nous confronter une nouvelle fois à l'inconnu, comme pour éprouver cette nouvelle flamme que je sens brûler en chacun de nous.

Oui, cette expérience a réveillé en nous un sentiment bien étrange et dangereux qu'il faudra apprendre à maîtriser. Nous pourrions rapidement sombrer dans une complaisance néfaste à l'égard du danger, abaissant notre vigilance au point de ne plus avoir conscience de nos limites. Cette ouverture béante devant nous, ce trou de néant qui nous appelle, serions-nous devenu fous au point de ne pas attendre d'avoir fini une quête avant d'en débuter une autre ? Pourquoi étrangement cette mine nous attire ? Un bruit de choc sourd et grinçant me tire de mes méditations. L'on vient d'éprouver la solidité des étais soutenant la voûte.

Je m'approche de ce tunnel, comme hypnotisé. Je m'avance un peu dans l'obscurité, quelques pas, en essayant de distinguer les contours de la roche. Puis une angoisse soudaine me surprend et, après un instant d'hésitation, je ressors dehors, à la lumière. Nous partons en direction du rocher de Quartz.

La balade est relativement agréable bien que le paysage finisse par devenir morne à la longue : des collines rocheuses encombré de buisson d'épineux et de plantes résistantes au climat sec et venteux de la région. Mon cher Platane m'a rejoins toujours aussi fringant et enthousiaste que d'habitude. Sa longue crinière embroussaillée ondulant aux rythmes de ces ses pas.

Je m'apprêtais à sortir mon herbe à fumer lorsqu'au détour d'une petite vallée encaissée, une gigantesque créature humanoïde à deux horribles têtes apparue littéralement devant nous. Après un court instant de stupeur, nous eûmes simultanément le seul réflexe à avoir : fuir. La suite est assez confuse dans mon esprit, je sais que j'ai essayé d'attraper Kazakstan afin de le faire monter sur le cheval, mais nous nous loupâmes à peu de chose et je le laissais à lui-même. Un demi-tour aurait sans aucun doute été fatal. Alors que Platane s'élançait au galop sur ce terrain accidenté, je pus arriver à jeter un coup d'œil en arrière. Rien, aucune poursuite. Inquiet, je fis faire demi tour à mon coursier et revenant prudemment sur mes pas, je finis par rencontrer mes camarades encore tout essoufflés de la course effrénée qu'ils venaient de faire. J'appris alors qu'un sanglier proportionnellement aussi grand que la créature est sortie à son tour d'un bosquet et que le géant a abattu son énorme massue pour l'assommer. La bête a réussi à s'enfuir, le géant à ses trousses. Il semblerait que nous ayons eu la chance qu'il ait eut d'autre plan pour son déjeuner.

Après une courte pause pour récupérer de nos émotions, nous nous remîmes en route en direction du rocher de Quartz.

Un peu plus tard dans la journée, à approximativement une heure de marche de l'auberge, alors que je devisais en compagnie de Kasastan que j'avais pris en croupe, un homme en cotte de maille se tînt au milieu de la route et nous interpella. Armé d'une lourde épée à deux mains, celui-ci nous demanda de lui donner l'objet. Aussitôt, j'entendis les armes de mes compagnons sortir de leurs fourreaux alors que plusieurs injonctions de s'écarter de notre chemin ou de se préparer à combattre me dépassèrent pour venir alimenter son attitude belliqueuse.

Ni une ni deux, il se met à courir à notre encontre. Hissé sur mon fidèle destrier, je lui fais faire le tour du brigand et aperçoit au passage qu'Inès vient de s'écrouler, agressée par une demi humaine. Cet instant d'inattention m'empêche de remarquer que le guerrier se dirige toujours vers moi. Je tente alors de lui asséner un coup de bâton sur la tête, mais Platane s'affole et manque de me renverser. Reprenant les rênes tant bien que mal, je m'aperçois que Kasastan n'a pas eu cette chance et a été désarçonné. Le bandit s'approche de lui et tente de lui donner un coup magistral mais le coup semble dévier au dernier instant, sans raison apparente. Il semblerait que ce jeune humain est plus de ressource que ce que je pensais.

Un coup d'œil à Inès me laisse une sombre impression. Celle-ci semble inerte. Des dagues se sont échappées d'un buisson en bordure du chemin de terre. Je me dirige vers lui et sans que je la voie venir, une harpe s'écrase lourdement sur ma tête. Les bruits du combat font rage derrière moi. Donnant un coup de bâton en aveugle, dans le buisson, je me ravise en apercevant Kasastan blessé gravement. Jarod s'est précipité à son secours et occupe actuellement le guerrier. J'en profite et invoque la puissance de mon dieu : la blessure cesse de saigner abondamment.

Alors que je me redresse je vois une ombre disparaître derrière le buisson et Inès surgissant après avoir miraculeusement guérie, se met à courir comme une écervelée à sa poursuite. Quel art de la simulation. Cette enfant humaine n'a pas encore atteint l'âge de raison et trompe déjà son monde à longueur de journée. Je ne peux décidément lui accorder ma confiance, cependant, elle n'est vraiment pas de taille à lutter contre ce redoutable barde et je décide à mon tour de la suivre. Mais le temps que je rappelle Platane et le monte, elle a disparu. Dépité, après avoir jeter un dernier coup d'œil dans la direction de la poursuite, je retourne sur le lieu du combat.

Les assaillants semblent avoir abandonné toutes velléités belliqueuses après le départ de ce barde et je retrouve tout le monde en train de discuter bien aimablement. Pendant que je panse et soigne les blessés des deux anciens camps ennemis, ils nous apprennent que le fuyard se nomme Greyltown et que c'est plus ou moins sur sous son influence qu'ils ont décidé de nous attaquer. En effet celui-ci aurait été approché par un mage dont la description semble correspondre à celui que nous avions brièvement rencontré lors de notre étape à l'auberge. Il aurait par la suite organisé cette embuscade en les engageant comme main d'œuvre.

Sur ces explications, je repars à la recherche d'Inès sur la demande de Jarod. Après avoir tourné un peu en rond, je finis par voir au loin une colonne de fumée s'élever. Je m'approche prudemment et voie avec horreur un tas de divers végétaux fraîchement déracinés en train d'être immolés par le feu ! Manifestement, cette petite peste n'a rien trouvé de mieux pour nous signaler sa position que de tuer des êtres vivants. Elle finit par apparaître, toute souriante entre deux arbres. Je la ramène sans un mot au campement.

Écoeuré par cette fin de journée sordide, je pars à la recherche d'un coin pour me reposer.

Le lendemain matin, je m'atèle à panser et à nettoyer les plaies des blessés. Nous décidons de retourner ensemble à l'auberge. Espérant ainsi confondre leur employeur afin qu'il nous livre des explications sur cette attaque. Mais lorsque nous arrivons dans la bâtisse, le mage est déjà partit. Une troupe de gardes qui parcourent les collines aux environs de Greyhawk est attablée. Les gnomes sont toujours là, mais ils jouent cette fois à un jeu de cartes. Le capitaine de la garde est en pleine conversation avec le tenancier...

La fin de la journée se passera tranquillement en flânerie ou entraînement au combat. Lorsque vient l'heure de se coucher, un attroupement de nains débarque à l'auberge et commence de faire la fête bruyamment. M'écartant un peu du site et du tapage, je m'installe au pied d'un arbre centenaire, allongé sur la douce mousse qui se répand entre les méandres des racines apparentes.

Nous nous levons tôt le lendemain, et partons en direction de Greyhawk. Le voyage est ponctué d'une patrouille de gardes galopant vers les régions extérieures et d'une caravane se dirigeant paisiblement, au rythme des animaux de traits la propulsant, vers l'enceinte de la cité tentaculaire. Nous atteignons les portes de la ville le soir, et, harassés par le voyage, nous nous dirigeons directement chez la sœur de Kasastan où je m'écroule littéralement dans un lit.

La nuit ne sera pas vraiment agréable. Quelle idée saugrenue de dormir sur un tas de planches ! Comment font-ils pour arriver à trouver le sommeil aussi facilement sur cet amas de morceaux d'arbre mort ? Je finis par tomber en catharsis, épuisé.