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Méditation

nov. 01 2005

Où Alindoër se recueille quelques instants en communions avec la nature.La marche sur le chemin boueux n'est pas aisée et c'est doucement que nous progressons en direction d'un de ces petits villages qui parsèment les routes menant aux grandes cités humaines. La pluie persiste à former des flaques dans le moindre recoin et c'est avec un plaisir non dissimulé que j'apprécie l'écoulement du liquide sur mon visage. Admirant, ici où là, le magnifique agencement des végétaux et des minéraux en de somptueuses compositions artistiques, je finis finalement par me faire distancer. Mes compagnons avancent sans prendre le temps de profiter de ces instants privilégiés où la nature nous béni de tendres caresses pluvieuses et où sa triste et envoûtante beauté nous berce.

Je décide, au vu du peu d'attention qu'ils me portent, d'en profiter pour m'enfoncer plus profondément dans cette contemplation méditative de l'Ordre Naturel. Choisissant un petit promontoire boisé émergeant des plaines vallonnées de cette campagne accueillante, je m'installe confortablement au milieu de quelques racines. Les arbres ont toujours eu ma préférence dans le règne végétal. Leur majesté et leur tranquillité m'ont toujours apaisé...

Les yeux mi-clos, mon esprit s'ouvre petit à petit, devenant sensible à la moindre manifestation de vie. Du plus petit brin d'herbe jusqu'au gigantesque chêne auquel je me suis adossé, du minuscule insecte grimpant sur ma jambe à la massive bête de trait qui paît dans l'herbage, derrière cette colline, je ressens la présence de ces vies et communie avec elles. Peu à peu, j'entre dans un état de transe extatique et oublie le passé, le présent, le futur, les évènements qui m'ont mené si loin de tout ce que je connaissais...

Cela ne faisait que trop de temps que je m'étais consacré à cette activité spirituelle. Je ne me rappelle pas exactement combien de fois le soleil s'est couché ni combien de fois les lunes ont offert leurs douces lumières aux créatures nocturnes. Peu importe... la tranquillité de cet instant, fut-il bref, me permit de retrouver mon identité, mon héritage, ma raison d'être.

Fin de la cinquième partie