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Journal de Bord de Fernando de la Cruz - Chapitre XVII - Fin

mars 07 2006

Dieu c'est fait !!! J'ai rejoins mon monde ! Je n'ose encore y croire ! Ai-je rêvé tout ceci ou est-ce bien réellement arrivé ? Mes nombreuses cicatrices, les 3000 et quelques pièces de huit que j'ai ramenées, une carte de Caridbus et ce fidèle journal sont bien là pour me le prouver ! Je ne suis pas fou ! J'ai survécu ! Merci mon dieu, j'implore ton pardon pour avoir douté de toi en ces moments là. J'ignore quel dessein tu as tissé autour de moi, mais je te suis éternellement reconnaissant de m'avoir rendu à mon monde.Mais avant de refermer définitivement ce journal, je crois que j'ai besoin de compter ce qu'il est arrivé ce jour là.

Ô, je ne suis pas dupe, personne ne me croira si je venais à raconter cela à quiconque, mais c'est pour moi que j'ai besoin de le faire, pour me persuader que tout cela m'est bien arrivé, et aussi pour m'en souvenir, même si je doute que je puisse un jour l'oublier.

Nous sommes donc arriver au milieu de la Mer Flotsam après cinq jours de navigation, pour nous trouver en pleine tempête. Autant dire tout de suite que les mages de l'air n'ont rien pu faire pour la contrer et que nous avons dû la traverser tant bien que mal. Nous avons bien cru avoir perdu le sloop rempli de poudre d'ailleurs, étant donné que nous ne l'avons pas vu ressortir.

Une fois la tempête traversée, c'était le calme plat, la mer d'huile, un calme inquiétant, et surtout l'obscurité oppressante. Gardant notre courage, nous nous sommes mis en position concentrique, pas loin du centre. Tarikos m'avait affirmé qu'il avait réussi à obtenir les noms des trois sorcières car une jeune esclave noire, une anglaise en plus avait réussi à verser des larmes sincères en évoquant ces malheurs. Enfin qu'importe le moyen, le résultat fut là.

Tarikos s'envola donc vers le centre et versa l'eau de mon monde en prononçant les trois noms. Et les sorcières apparurent belles et bien, gigantesques et fort courroucées d'avoir été dérangées, nous promettant milles souffrances en punition. Tarikos a donc sifflé pour appeler les Krakens puis brisé le rameau pour faire venir Tressa. Cette dernière est apparue instantanément, parcourue de terribles spasmes, comme torturée. C'est là que tout s'est accéléré ! Des hommes poulpes sont montés sur tous les bateaux, causant l'effroi et la panique, suivis de peu par des zombis. Et un poulpe géant a enroulé certaines de ses tentacules sur notre sloop. Pendant ce temps là, les bateaux projetaient moult boulets sur les sorcières, plus ou moins sensible selon la précision des coups. Mais l'effet désiré était là : elles semblaient bien craindre les boulets, nous avions une arme capable des les atteindre.

Ces dernières ne se sont bien évidemment pas laissées faire, et pendant qu'une piétinait le galion, les autres lançaient force éclairs et autres sorts. C'est à ce moment que le dernier bateau Kraken est apparu. Tarikos y a amené en vol le corps de Tressa tandis que Alan, qui lui aussi volait et venu me chercher pour m'amener jusqu'à eux. Sur le coup, étant submergé par le nombre de mes attaquants, je fus bien content qu'il me tire d'un si mauvais pas, mais j'ai très vite compris ce qu'il me fallait faire : l'activation de l'arme ultime des krakens nécessitait un grand sacrifice d'un kraken et d'un être non natif de ce monde. J'allais donc jouer ce rôle là ! Résigné, je suis monté sur la plateforme (qui n'y était pas d'ailleurs la première fois que nous avions inspecté cette boule) où se trouvait déjà un Kraken. Soudain une voix s'est faite entendre dans ma tête, m'indiquant que pour faire appel à la puissance élémentaire pure, il fallait payer le prix, qui serait pour le kraken de ne plus pouvoir utiliser de magie, et pour moi de ne plus retourner dans mon monde. Le choix nous était laissé d'accepter ou refuser.

Sur le coup une grande lassitude m'a envahie. Le temps semblait ne plus avoir d'impact sur moi. Mais que faire : renoncer à revenir sur mon monde et avoir une chance de sauver ce monde sur ou refuser ce sacrifice et n'être pas sûr d'être encore vivant ce soir ? J'ai accepté le prix à payer, la mort dans l'âme, bien déterminé à aller jusqu'au bout et combattre pour ce monde, même si ce combat ne m'avait pas toujours paru le mien.

J'ai vite repris mes esprits car la boule disparue soudainement, remplacée par une boule nettement plus petite qui sombra dans l'eau. A peine eu-je le temps de boire ma dernière dose de potion des profondeurs qu'Alan me tirait de l'eau et me remontait sur le bateau Kraken.

Là, je me rendis bien vite compte que Tressa était morte. Son cœur avait été extrait puis broyé, ce qui avait eu pour conséquence de donner beaucoup de puissances à tous les autres mages présents. Elle aussi avait fait un sacrifice, bien plus terrible que le mien, elle qui vivait pour protéger ce monde depuis si longtemps. Mais mes états d'âmes furent de nouveau interrompus par la disparition du bateau kraken, qui m'envoya une nouvelle fois dans l'eau.

Cette fois ci, je rejoignais mon sloop à la nage, aidé par ma potion. Alan était effectivement parti aider l'équipage du galion, complètement piétiné par une des sorcières s'acharnant dessus.

C'est alors que surgit de l'eau un titanesque élémentaire, semblant être fait des quatre éléments à la fois. Il ne lui fallut que très peu de temps pour annihiler la première sorcière. Les deux autres nous dénigrèrent alors pour affronter ce redoutable combattant.

Je n'eu que très peu de temps pour jauger la situation : Seltus volait et tournoyait autour d'une sorcière, Blarh terminait de tuer le poulpe géant, pendant que les autres membres de mon navire se battaient tant bien que mal contre les zombis et les hommes poulpes. Alan, jugeant la situation désespérée sur le galion, mit les feux aux poudres de celui-ci, espérant tuer la sorcière qui se trouvait à proximité. Hélas, ce ne fit que la blesser. Et les sorts des deux sorcières vinrent à bout de l'élémentaire.

Pendant ce temps, les deux frégates étaient en train de sombrer, trop touchées par les éclairs et autres, et nous nous doutions bien que nous n'allions nous non plus pas tenir très longtemps. Mais le sloop qui manquait à l'appel surgit alors du rideau de tempête, juste à temps pour faire sauter et tuer une seconde sorcière. C'est alors que nous entrevîmes la seule chose à faire : pousser notre sloop sur la dernière sorcière avant qu'elle ne nous décimes et à notre tour mettre le feu aux poudres, en espérant lui faire suffisamment de dégâts pour la tuer. Effectivement Seltus et Blarh n'arrivaient pas à lui faire mal, Clash et Elena étaient bien blessés, Tarikos était la cible des sorts de la sorcière et ne tiendrait pas longtemps non plus. Dans un dernier sursaut, après m'être débarrassé du dernier zombi du pont, je pilotais le bateau jusqu'à la sorcière et sautait encore une fois à l'eau, pendant qu'Alan mettait le feu aux poudres.

L'explosion fut brutale et nous fûmes tous propulsés par l'onde. Mais alors que nous reprenions lentement conscience, une lumière apaisante envahie les cieux et nos blessures se régénérèrent ! La dernière sorcière était morte. Une voie, celle qui m'avait entraîné dans ces aventures s'éleva, s'excusant de tout le mal que nous avions subi à cause d'elle. Elle m'annonça que je pouvais rejoindre mon monde. Incrédule, je lui rétorquais que peut être d'autres humains, mais pas moi. Mais elle me rassura et me dit de nager quelques temps au Nord.

Après un bref adieu sans regrets envers les autres, je me mis à nager avec mon sac et mes armes, pour arriver en vue d'une côte moins d'une heure après : les côtes espagnoles ! J'étais de retour en Espagne...

Je referme ainsi ce journal, lui que j'avais ouvert en arrivant sur Caridbus, lui qui est désormais le seul témoin de mon épopée. Je ne sais pas bien ce que je vais faire désormais, mais qu'importe, je suis chez moi !