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Heinrich Volgenstadt

sept. 18 2006

Delberz. 2512.

N’est ce pas une occasion unique de changer de vie, de partir à la découverte du monde, de quitter cette vie de maraudeur dans laquelle il est à l’étroit aujourd’hui ?

Je me demande..., Qu’à fait Heinrich de sa vie jusqu’ici qui vaille la peine qu’il reste encore à Delberz en 2512 pour continuer dans les traces de ce qui fût son passé, de ce qui est son présent, de ce que je ne veux pas voir comme étant son avenir ?

En y réfléchissant bien, je dirais qu’il n’y a pas grand chose... Heinrich a longtemps été un enfant à problèmes. Non qu’il mette en danger la vie des autres, mais il faisait peur, par ses réactions si différentes des enfants de son âge.

Il est né dans une ferme à la campagne, dans une famille de cultivateurs, les Volgenstadt. Son père possédait quelque terre, surement pas grand chose, mais assez pour représenter une richesse, à cette époque ou beaucoup de paysans cultivent un lopin qu’ils ne possédent pas, simplement pour avoir de quoi nourrir une famille pendant l’hiver. C’est là-dedans qu’à été projeté le jeune Heinrich.

Les premières années de sa vie ont été solitaires, car la terre que possède son père est une maitresse rude, qui prend tous ceux qu’elle peut pour s’occuper d’elle, telle une femme trop gourmande des attentions de ceux qui sont alentour. Heinrich n’a pas eu la tendresse d’une mère pour occuper ses longs moments de doutes. Je ne dirais pas que sa mère, ou son père, soit responsable de ce qu’il est advenu, chacun étant libre de penser que d’autres facteurs ont façonné le jeune enfant.

Mais, ce qui est sur, c’est Heinrich s’est retrouvé seul pendant sa jeunesse. Il aurait pu s’enfermer dans cette solitude, devenir fou avant l’âge, ... cela n’aurait pas eu de sens, et d’autres démons ont rempli cet espace vide de tendresse. Nous le savons tous, la nature à horreur du vide. Normalement, quand on n’a pas d’amis, on s’en fabrique. La nature sait donner de la tendresse à ceux qui cherchent. Peut-être qu’Heinrich n’a jamais su ce qu’était la tendresse, tout simplement.

Il a montré des capacités avec les animaux dès son plus jeune age. Capable de manger des grenouilles vivantes à l’âge de cinq ans, de dépecer un volatile quelconque par curiosité à l’âge de six, capable de le cuire avant de le manger à l’âge de sept, il a toujours surpris son entourage pour ses compétences animalières. Mais... un enfant de 10 ans qui ramène et mange ses proies devant la porte de l’église un jour de messe, tout le monde vous le dira à Delberz, (et ailleurs aussi) ce n’est pas normal ! C’est si étrange, si déplaisant pour ces grenouilles de bénitier, que de voir les yeux d’un enfant qui s’éclairent lorsqu’il plonge ses dents dans la gorge d’un animal encore vivant, des yeux qui se délectent d’un sang chaud qui coule le long d’une gorge ou l’on perçoit encore le rythme d’un coeur qui meurt... Bref, la vindicte populaire s’est élevée, on l’a souvent montré du doigt, quelquefois même on lui a jeté des cailloux... Tant est qu’il a fini par fuir le domicile familial pour se refugier dans les bois.

Forcément, Delberz est une petite ville, et le coin est bien boisé autour. Et quand on est habitué à la solitude, qu’on a pas besoin des autres... On finit par se trouver un refuge ou personne ne vient... Hum, en tout cas, d’ou personne ne repart si par hasard il arrive à le découvrir. Heinrich aurait pu passer sa vie en ermite là, mais comme il devait participer au destin de l’empire, il ne l’a pas fait. Et puis, solitaire ou pas, un jour ou l’autre, l’adolescence et la puberté changent la perception du monde que l’on a devant soi.

Alors, malgré le fait qu’il ne réagisse pas comme les autres, malgré le fait qu’il ne sache pas comment sont ses pairs, malgré sa peur aussi, il est revenu en ville. C’est peut-être son plus grand mérite, d’avoir renoué le contact avec les humains, lui dont certains ont dit qu’il était plus une bête qu’un homme. Pour préciser, je dirais qu’il a plus renoué avec les humaines que les humains. Car Heinrich est un bel homme aujourd’hui, et ses larges épaules associés à ses jolis yeux lui ont ouvert des lits auxquels il n’aurait pas pu prétendre avec ses paroles. C’est ainsi qu’il est revenu de temps à autre en ville, troquant ce qu’il sait prendre à la forêt en échange de faveurs féminines.

Jusqu’à ce qu’un jour, il tombe en arrêt devant une affiche, ...

Heinrich Volgenstadt est un homme de taille moyenne, de forte carrure. Habillé de peaux, armé d’un arc et muni d’une gibeciére dans laquelle on trouve toujours de quoi manger. Son apparence peut faire peur... Mais il n’a pas d’aggressivité apparente, au contraire, c’est plutôt de la curiosité pour les autres qu’on lit dans ses yeux quand on le croise. Loin d’être un idiot, Heinrich est surtout quelqu’un qui ne voit pas le monde comme les autres. Ses réactions sont celles d’un individualiste reservé qui ne suit aucune des régles de la société, car il ne les a jamais apprises.