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L'ennemi intérieur - Chapitre 13

sept. 21 2006

dicté par le capitaine Josep Van Bommel

et rédigé par les soins de Sarfath

Bezahltag 26 Sommerzeit

Nous revoilà reparti du sémaphore.

Ernst Haydelman ne nous a pas franchement convaincu. Certes, une éventuelle association aurait pu se faire. On lui avait fait gobé qu'on était membre de la Main Pourpre alors que lui bossait pour la Couronne Rouge. Ce gars était à la base un pauvre étudiant en médecine. Mais avec le fâcheux défaut d’être atteint d’une maladie grave. Ce jeune loup tenait plus à ses potions à l’aspect sanguin qu’à sa pauvre mère. Sans elles ce pauvre maigrichon nous avoua dépérir à vue d’œil. Et bien sûr qui lui refilait sa précieuse came ? Bingo ! Une secte chaotique dont les membres de Middenheim en avait fait leurs émissaires. D’après Ernst, leur organisation serait difficile à contacter mais sous la pression il nous donna quelques noms de lieux «fréquentés» dans la cité du Loup Blanc : le célèbre quartier de la Venelle et l’auberge « Le rat noyé ». Ces bâtards voulaient donner le pouvoir aux mutos ou quelque chose dans ce genre. Et ce merdeux d’Ernst devait leur ramener la Pierre Discordante de Von Wittgenstein coûte que coûte.

C’est ce qui a pas du plaire à Khorint ! Et pour lui la meilleure solution fut un grand coup de hache à la suite d’un procès bidon. Heinrich consentit tandis que Sarfath et moi, nous sommes bien mariés, euh pardon, marrés. Erefene a fait la gueule, mais bon c’est une elfe. Ca lui passera dans cent vingt ans. Et Bénélis a feint d'être outré comme tout bon outrage à magistrat de la justice de la déesse qu'elle sert…Si là vous me comprenez, c'est que vous êtes fort en théologie car moi j’en callipyge toujours que dalle.

Konigstag 26 Sommerzeit

Tiens à propos de callipyge, j’ai remarqué que ma petite Sarfath semble bien moins maigrichonne. Je dirais même qu’elle prend des formes là ou il faut ! Et je suis pas le seul à l’avoir remarqué (et donc maté) car les autres, tous de la gente masculine bien sûr, sauf Gadoum qui en plus d’être sourd doit pas voir plus loin que le bout de son tromblon, m’en ont fait la remarque.

En route pour le Sud, des miliciens fluviaux nous ont rattrapés. Ils nous ont demandé des infos sur le « carnage » du sémaphore. Pas de bol on savait rien ! Ils nous ont appris que le lendemain de notre départ, une délégation impériale venait l’inaugurer. En gros on leur avait laissé un beau bordel.

Festag 29 Sommerzeit

Cela faisait plusieurs jours qu’on ne croisait pas âme qui vive sur le Reik. On a eu l’explication en passant à Kemperbad. La flotte impériale bloquait quasiment tous les bateaux provenant du Sud. Ces derniers étant accusés de "contamination" mutante. En gros transportant des personnes infectées ou risquant d’être infectieuses.

Marktag 32 Sommerzeit

On vient d’amarrer sur le ponton du village de Wittgendorf au sud du château Von Wittgenstein. Les habitants sont un ramassis de pouilleux et de mendiants possédant pour la plupart quelques mutations. Nous avons même eu l’occasion de rencontrer la maîtresse des lieux, saine pour sa part, entourée de ses gros soldats en armure. On a appris qu’elle se nommait Dame Margritte et qu’elle était la fière descendante des Von Wittgenstein. Elle a l’air d’avoir la fâcheuse habitude de martyriser la populace. La scène à laquelle on a assisté nous l’a bien démontré. Cette pauvre villageoise pleurait lorsqu’on on est venu chercher, avec force, son gars. Déjà qu’ils avaient pas bien l’air aidé…

Heinrich, les elfes et Khorint ont choppé des poux blancs. Ceci les a décidé de squatter à la seule auberge du village des cradeux afin de prendre un bain. Le patron, Herbert Marcuse, est sympa et ne semble pas à première vue souffrir de difformités comme la plupart des habitants de ce boui-boui. Par contre la bouffe y est dégueulasse, les denrées souffrant elles aussi du « mal du pays ». Bref on a bien compris que ça puait l’influence de Morrslieb à plein nez ! D’une manière ou d’une autre, la Pierre certainement détenue au château pourrissait les lieux.

On a rencontré aussi le « gentil » médecin qui donne du tord boyaux aux mutanisés. Eux aussi ont leur drogue. Mais celle du docteur Jean Rousseau semble bien être la thune ! Sous ces airs de sauveurs de la mutanité, il doit bien en profiter. Bah ! Ca reste un pauvre type profitant de la misère humaine.

Backertag 33 Sommerzeit

Nous avions hier soir décidé de nous rendre au temple de Sigmar. Il est dans un triste état complètement laissé à l’abandon ! V’là t’y pas qu’en chemin Khorint m’explique avoir eu dans la nuit une vision d’Ulric ! Hallucinant ! Surtout qu’il est persuadé de l’avoir vu en chair et en os. Il a certainement du faire un songe. Et pour ne pas changer de registre, Erefne en s’approchant de l’autel du temple et en finissant de lire un passage du livre posé sur le scriptorium s’est retrouvée entourée d’une aura de lumière. Au même instant les torches du temple se sont enflammées. Elle pense avoir été contactée par Sigmar en personne. Quand on sait que ces deux religions sont plutôt en froid, ça ne va pas les aider à jouer à la bête à deux dos ces deux là ! Et si eux aussi se mettent à croire au premier dieu venu, on n’est pas sorti de l’auberge. Et vu comme la bouffe y était dégueulasse...

En tout cas le temple nous a dévoilé de nombreuses surprises. Après l’étrange phénomène près de l’autel, nous avons décidé de fouiller les lieux. Un cimetière adjacent s’est avéré rapidement angoissant. Nous avons vite compris que les tombes ouvertes expliquaient la destination des cadavres : les Wittgenstein devaient jouer avec les morts. Erefne a trouvé des bouquins dans une autre pièce du temple et à leur rapide lecture, elle nous a confirmé deux informations. La première c’est qu’il y avait deux cent ans Dagmar, le frère du Baron, était bien rentré d’une expédition avec un coffre de plomb. La deuxième parlait des récoltes quasiment stériles depuis ces deux dernières années. Visiblement La Pierre était bien au château depuis deux siècles mais son influence chaotique s’était réveillée très récemment. Sarfath a aussi découvert l’entrée d’une grande crypte souterraine. Plutôt un enchevêtrement de grottes et de sombres couloirs. On y a croisé et combattu d’étranges humains devenus nécrophages. Certainement des anciens villageois tombés dans l’horreur du cannibalisme. Mais on a surtout découvert plusieurs niches contenant de nombreuses sépultures. L’une plus importante que les autres était protégée par une grille. Derrière celle-ci reposait le tombeau de Siegfried Von Kesselring, Templier de Sigmar. Une partie du groupe s’apprêtait à récupérer les trésors qu’il devait contenir. Mais Bénélis commença à nous faire sa morale au sujet d’une éventuelle profanation et comme nous ne voulions pas trop traîner dans ce lieu morbide, on a préféré laisser tomber afin de retrouver la lumière du jour. De toute façon je me voyais déjà revenir ici pour ouvrir ce tombeau. Et le clin d’œil de Sarfath avait été très clair. J’aime cette fille ! Visiblement, on aime tous les deux les coups un peu tordus.

De retour au village alors que le soleil était à son zénith, on a repris notre quartier d’été à l’auberge sauf Sarfath qui s’est rendu au bateau. Mais alors que nous prenions notre repas, trois gardes du château sont venus s’accouder au bar. Une odeur répugnante de putréfaction les suivant de près. Ils ont commencé à molester un vieux lui demandant des informations sur les « rebelles ». Gadoum, dérangé en pleine digestion visiblement, s’est emballé. Il a sorti son tromblon de dessous la table et a allumé la tête du garde le plus proche. Les autres gardes surpris ont tenté la fuite mais nous ne leur avons pas laissé le temps. Le deuxième s’écroula sous les coups de Khorint tandis que je maîtrisais le troisième avec Heinrich. On lui a alors demandé d’enlever son casque et ce que l’on redoutait tant s’avéra bel et bien vrai. Son visage était en décomposition. Jouer avec les morts… Après une courte discussion nous comprimes qu’il ne nous aiderait pas et son sort fut vite scellé d’un coup de hache. Heinrich est parti chercher Sarfath tandis que nous retenions les quelques clients de l’auberge pour ne pas diffuser l’incident. Soudain une jeune fille nommée Hilda a voulu nous aider. Elle faisait partie de ces fameux rebelles vivant planqués dans la forêt. Elle voulait qu’on rencontre Sigrid leur chef. Elle nous proposa aussi de se débarrasser des trois cadavres des gardes en les amenant au vieux moulin. Ils finiraient donc en farine animale. Au retour de Sarfath et d’Heinrich, on accepta la proposition de la gamine. Hilda nous servit de guide. Après avoir laissé les trois corps au meunier visiblement de mèche avec les rebelles, on s’enfonça dans les sous bois. Puis la forêt devint de plus en plus dense et la sensation d’être perdu m’envahit très rapidement. Il semblait que tout bougeait autour de nous. Même Heinrich semblait perplexe et pourtant il était en son domaine. Après une bonne poignée d’heures, nous arrivâmes dans une clairière contenant quelques maigres habitations. L’accueil des rebelles et de Sigrid fut fort sympathique et l’entente se fit rapidement. Cette femme à la tête d’une quarantaine de gens dégageait une réelle présence. Même si elle semblait plutôt âgée, elle avait su garder sa beauté naturelle et une certaine grandeur. Elle vit rapidement l’intérêt de s’associer avec nous pour tenter de lutter contre les Wittgenstein. Car leur effort dans un sens était resté vain à ce jour. Son peuple avait tout intérêt de renverser le pouvoir actuel et de bannir la malédiction qui pesait sur leurs villages. Et nous, nous avions bien besoin d’apprentis soldats si nous voulions nous infiltrer dans le château et combattre les gardes.

Bénélis a décidé de passer la soirée sur place tandis que le reste du groupe s’en est rentré au village raccompagné par Hilda. Mais à notre retour une surprise de taille nous attendait. Une vingtaine de gardes se trouvaient sur le quai tandis que d’autres manoeuvraient la Maria Johanna. Ces bâtards nous confisquaient notre bien prétextant des débilités. On comprit rapidement en discutant avec leur capitaine qu’on avait qu’à fermer notre gueule. Et engager un combat aurait été suicidaire risquant de plus de faire tomber notre plan d’infiltration du château à l’eau. Je fermais fort le poing dans ma poche les maudissant sachant que très bientôt leurs heures sonneraient. Il nous restait plus qu’à noyer notre amertume dans une pinte…

Sonnstille

On ne s’est pas pour autant laissé aller. Hier soir, après une bonne bière on a décidé avec Khorint et Gadoum de retourner dans les cryptes souterraines. On a ouvert ce putain de tombeau. A l’intérieur à part quelques babioles et autres ossements se trouvait une épée à deux mains de facture naine d’après notre ami Gadoum. La poignée avait été feuilletée d’or et ornée de petites pierres précieuses. Elle attira rapidement notre convoitise. En la prenant je n’arrivais cependant pas à la sortir du fourreau. Khorint par contre le fit avec aisance. Visiblement l’épée pouvait choisir son porteur. Elle portait de belles runes gravées sur la lame et Gadoum nous révéla alors le nom de la lame « Barrakul » ce qui signifiait en Kazhalide « Espoir des Montagnes ». Khorint fit alors quelques moulinets ce qui nous bluffa instantanément. Non seulement les runes prenaient alors une teinte rougeâtre et la lame semblait partiellement disparaître à notre vue. J’avais déjà entendu parler de lame dimensionnelle mais, pour moi, ce n’était que pures foutaises. Mais là, il fallait bien l’admettre, la prise avait été bonne et la nuit fut plus agréable.

Nous sommes donc retournés au camp des rebelles dans la journée pour élaborer une stratégie pour accéder au château. Sigrid nous révéla l’existence de souterrains qui y menaient. Nous sommes donc allé faire une petite excursion pour préparer notre invasion. L’entrée se situait dans une grotte à deux heures de marche du camp. Dans les longs couloirs, à part quelques rats mutants, il n’y avait rien de bien dangereux. Nous découvrîmes alors un escalier en colimaçon remontant vers la surface. Sarfath et Heinrich allèrent repérer les lieux. Visiblement cet escalier débouchait, à l’aide d’une trappe, dans une remise du château donnant sur une vaste cour intérieure. Sarfath avait aperçu quelques gueux mais aucun soldat. D’après elle, il nous serait facile d’entrer discrètement de nuit par cet accès secret. Nous rentrâmes alors au camp.

D’après Sigrid, cet escalier débouchait certainement dans la partie « extérieure » du château. En effet ce dernier se composait de trois parties. Seule la première, dite « extérieure », était accessible par voie de terre. Passé la porte principale, on accédait d’après la rebelle dans cette vaste cour découverte par Sarfath. La seconde reliée par un pont de pierre comptait une seule tour de garde mais imposante par sa construction. Seul un deuxième pont de pierre à la sortie de cette tour permettait d’accéder à la troisième et dernière partie, dite « intérieure », du château. C’est là que siégeait la famille Von Wittgenstein. C’est certainement là que devait se trouver la Pierre !

Nous décidâmes d’attaquer un peu avant l’aube. Notre groupe, accompagné de Sigrid et de deux de ses meilleurs hommes, envahirait la cour intérieure et tenterait d’ouvrir la porte principale de l’intérieur. De l’autre côté une trentaine d’hommes feraient diversion pour attirer les soldats sur les remparts.

Les tâches une fois réparties, nous décidâmes de fêter cette jeune union. Khorint, sous mes conseils, harangua les hommes de Sigrid, leur montrant sa nouvelle acquisition, et se proclama héraut de Sigmar ! L’effet fut concluant. Après un bon repas et quelques verres, nous allâmes nous reposer pour les quelques heures qui nous séparaient du lever du soleil…

Assiéger un château était certes une folle initiative, mais après tout, en ce formidable jour du solstice d’été, ne rêvions nous pas de devenir des héros ?