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L'ennemi intérieur - Chapitre 14

sept. 21 2006

Le soleil n’était pas encore levé en ce premier jour de Vorgeheim, que nous parcourions déjà les souterrains menant au château. Notre but étant d’arriver dans la remise avant le lever du soleil. A la simple lumière des torches et sous la pression de ce qui nous attendait, les lieux paraissaient plus inquiétants. Enfin apparut l’escalier en colimaçon ! Très rapidement nous débarquâmes à l’intérieur de la remise. Seul un carrosse et quelques bottes de pailles y étaient entreposés. Heinrich alla entrouvrir la porte et jeta un coup d’œil « La voie est libre les gars ! Y a même personne dans la cour !» nous dit il. On attendit ainsi quelques minutes certains jouant nerveusement avec leurs armes dans leurs fourreaux. Erefne se murmurait à elle-même quelques mots inaudibles. Soudain des cris se firent entendre d’assez loin. Des gardes hurlaient aux armes visiblement. Les hommes de Sigrid étaient certainement arrivés devant la porte principale. Khorint se rua à l’extérieur, suivi de Bénélis et de moi-même.

A peine arrivé dans la cour, je jetais quelques coups d’œil rapide. Une dizaine de baraquements nous entouraient et sur leurs arrières parcourait un rempart. Une tour, où je crus apercevoir du mouvement derrière une meurtrière, se trouvait sur ma droite. En face un grand bâtiment et entre les deux une bâtisse plus petite agrémentée de deux tourelles. Deux grands battants de porte ouverts et une grille baissée en délimitaient l’entrée. Vu l’orientation il s’agissait du passage menant à la partie centrale du château. Une partie du groupe se rendit dans cette direction.

Quelques flèches se mirent à siffler dans notre direction. Khorint fut légèrement blessé mais continua sa course sans fléchir en direction de la porte principale. Erefne surgit derrière moi et commença à incanter un de ces sorts en direction de la grande tour.

« Josep, viens nous aider » me hurla Gadoum alors que je décochais une flèche sur un des trois soldats postés sur le rempart face à moi. Le nain et Khorint essayaient vainement de soulever la barre retenant l’ouverture de la grande porte. Je couru en leur direction quand soudain une vive douleur se fit sentir dans mon omoplate gauche. Une flèche venait de s’y planter mais heureusement pour moi, la pointe avait du se briser sur l’os. Je rejoignis mes amis sur le champ. Heinrich avait fait de même. A quatre et sous un terrible effort, alors que ma jeune blessure me cuisait, la barre fut relevée et mise à terre. J’ouvris un des larges battants de porte en profitant pour m’abriter d’une nouvelle volée de flèches.

Pendant ce temps, je vis Erefne lancer une boule de feu sur la tour et Bénélis qui entrait seule à l’intérieur du grand bâtiment. J’avais beau la chercher de partout, je ne voyais pas ma petite Sarfath. Pourvu qu’il ne lui fut rien arrivé ! Khorint releva la grille nous séparant des hommes de Sigrid qui semblaient extrêmement motivés. Seulement une demi douzaine d’entre eux avaient du périr dans la diversion certainement criblés de flèches des gardes. Il en restait d’ailleurs quelques uns sur les remparts.

Je retraversais la cour dans l’autre sens me dirigeant vers la bâtisse servant de passage hurlant aux hommes de m’accompagner. Du côté de la tour, je vis Erefne combattre des squelettes qui défendaient l’entrée de celle-ci. En arrière se tenait Sarfath tirant à l’arbalète sur les « tas d’os » mouvants. Me voilà plus rassuré dans ce beau bordel qui devait censé être une « infiltration ». De l’autre côté, Bénélis ressortit du bâtiment nous hurlant de ne pas y rentrer. Pourtant il semblait que ce fut le seul accès aux remparts ! Khorint et Heinrich allèrent aider Erefne tandis que Bénélis se lançait à l’assaut des petites tourelles envoyant une boule de feu sur celle de gauche. Elle demanda aux hommes de Sigrid de l’accompagner pour en prendre possession.

Je décidais alors de rejoindre mes amis près de la tour. Alors qu’ils achevaient le dernier squelette, j’entendis de violentes explosions à l’intérieur de l’autre bâtisse. De notre côté, nous rentrâmes à l’intérieur du bâtiment. Le sous-sol était vide à part du mobilier pourri. Un escalier nous mena rapidement à des dortoirs mais il y avait encore un étage. Une véritable odeur de mort sévissait ici. Nous gravîmes les dernières marches pour arriver dans ce qui semblait être une chambre. Devant le lit se tenait une masse énorme. Aussi grand que moi et dans une armure de mailles assombries par le temps, se tenait ce qui jadis avait été un homme. Décharné, les orbites creusées, de fortes mains, où l’on voyait l’os, tenaient un fléau d’armes.

Une voix d’outre-tombe se fit alors entendre :

« Pauvres fous, vous ne valez rien face à ma toute puissance. Tremblez face au Capitaine Hegel ! » .

Khorint sortit alors Barrakul de son dos et lui répondit :

« Vois toi mort ! Vois le bras de Sigmar en cette épée !» puis se rua sur lui.

Erefne eut juste le temps de commencer sa phrase :

« Non, Khorint, ce n’est pas très prud…. ! » que le mort-vivant fit un drôle de pas de côté esquivant de justesse le guerrier. Puis il se mit à faire pivoter ses bras dans l’autre sens soulevant un nuage de poussières aveuglant certainement notre ami. La scène était surréaliste. Ce corps complètement tordu, désormais à peine visible, abattit violement son fléau sur le barbare qui vola en arrière. Khorint s’écroula contre une armoire fracassant ses larges portes. Le coup semblait avoir été quasi mortel.

« Là, ça rigole plus !» remarqua Sarfath. Elle leva son arbalète et décocha un carreau qui fit mouche. Un bref coup d’œil à Heinrich rendait claire la situation. Nous avançâmes tous les deux sur ce monstre et engageâmes le combat. Khorint s’était relevé et essayait péniblement de faire de même. Erefne hurla quelques mots en elfique, ce qui fit vaciller la créature. J’en profitais pour lui flanquer un puissant coup de bâton mais son armure stoppa net mon coup. Heinrich eut plus de chance et sa lame transperça une jointure. Il ressortit sa dague s’apprêtant à refrapper. La créature essaya de l’éviter se démenant tant bien que mal face à deux adversaires, mais elle ne vit pas le coup venir de Khorint. La lame dimensionnelle s’abattit sur Hegel et dans un beuglement de son possesseur elle passa l’armure comme du beurre. Impressionnant ! Khorint coupa en deux son adversaire.

« Ordure ! T’en prends pour ton grade là !» dit il dans une respiration assez forte et désordonnée.

« Mon dieu, Khorint tu es gravement blessée ! Allons vite voir ma sœur.» lui conseilla Erefne.

Nous ressortîmes rapidement de la Tour afin de rejoindre le reste du groupe. Pendant ce temps Bénélis et les villageois avaient réussi à ouvrir la grille nous expliquant qu’ils avaient du tuer quelques gardes à l’intérieur des tourelles. D’autres hommes de Sigrid avaient pris le grand bâtiment d’assaut et avait tué les derniers gardes présents sur les remparts et dans les locaux. Notre groupe était au complet et il restait encore une quinzaine de rebelles dont Sigrid. Bénélis s’occupa de Khorint qui avait pris un sale coup puis soigna les quelques blessures, dont la mienne, de notre petit groupe.

L’aube finissait et le ciel s’était assombri. Face à nous se trouvait un pont de pierre d’une dizaine de mètres et au bout la grande Tour centrale. Au bout de ce pont une large grille était abaissée. La tour de pierre était surmontée d’une structure de bois et d’un toit en ardoise. Plusieurs ouvertures et meurtrières étaient bien distinctes. Des gardes, un peu plus qu’une demi douzaine d’après leurs mouvements, se préparaient à nous flécher comme des lapins. Il allait falloir ruser.

Soudain quelques gouttes de pluie se mirent à tomber…

Cela faisait deux heures que l’on échafaudait notre plan. Et celui-ci prenait forme. Un groupe d’homme dont j’avais fait partie avait bricolé le carrosse de la remise. Boucliers cloués tout autour, piques e t lances dressés de toute part, la « tortue », comme nous l’avions nommée, nous permettrait d’avancer abrité sur le pont. J’en avais aussi profité pour revêtir l’armure et récupérer le fléau à deux mains d’Hegel. De son côté Sarfath avait inspecté l’ensemble des bâtiments. Elle avait trouvé quelques cuisiniers complètement effarés de la situation. De l’autre côté, mes amis avaient mis en place une longue corde entre le toit du grand bâtiment et le sommet de la Tour centrale. Erefne avait utilisé un sort de vol pour s’en approcher discrètement profitant de la pluie dense pour disparaître à la vue des gardes. Ensuite patiemment, des petits tonneaux de poix avaient été apportés sur le toit d’en face et répandus sur la structure haute de la Tour. Le but étant de l’enflammer pour asphyxier les gardes les obligeant à quitter leurs postes derrière les meurtrières.

Quand tout était prêt, Heinrich lança une flèche enflammée tandis qu’une demi-douzaine de rebelles poussaient le carrosse sur le pont, s’approchant de la Tour. Quelques flèches vinrent se planter dans les pavois et autres planches clouées mais aucun homme ne fut blessé. Malgré la pluie battante, la poix s’enflamma et le feu prit rapidement. Le toit brûlait et nous entendîmes les hommes s’agiter à l’intérieur. Le reste du groupe s’était approché de la « tortue ». Khorint se mit à escalader le mur de pierre afin de pénétrer par une fenêtre à l’intérieur de la Tour. Notre plan fonctionna mieux que prévu car de l’autre côté de la grille, nous vîmes sortir trois hommes tentant de s’enfuir vers la partie « intérieure» du château. Une volée de nos flèches les cloua au sol. Bénélis avait rejoint Khorint par un sort de vol. Un bruit de combat se fit entendre mais fut très rapide, puis le mécanisme de la grille se mit en branle. Ils avaient réussi. Quatre autres soldats sortirent du bâtiment et se mirent à courir sur l’autre pont en face de nous. Nos flèches en stoppèrent un à mi chemin sur le pont, mais les autres eurent plus de chance. L’un d’entre eux à l’armure plus brillante, certainement le gradé de la bande, para les tirs d’une manière hallucinante. Le bas de son corps continuait de courir sur le pont alors que ses bras et son visage masqué s’étaient retournés afin de contrer de son épée les quelques flèches tirées en sa direction. Encore un de ces morts-vivants complètements tordus ! Le morion qu’il portait révélait un visage sans expression. Ils passèrent tous les trois le passage de la porte « intérieure », la grille étant déjà relevée, pour se réfugier dans les tourelles adjacentes.

« Ca doit être le Lieutenant Doppler ! J’ai fouillé sa chambre et j’ai trouvé ceci. » remarqua alors Sarfath. Elle sortit de son sac deux masques quasi similaires. L’un affichait un visage souriant et l’autre une figure triste.

« Il crèvera comme les autres » rajouta Heinrich qui commença à s’avancer sur le pont. Nous le suivîmes pour atteindre enfin la porte « intérieure ». A proximité de cette dernière, Heinrich stoppa net et nous fit un signe de nous arrêter. A cet instant, les trois gardes, qui devaient être les derniers du château, emmenés par Doppler, firent leur ultime sortie. Quel effet !

Ah les braves gens ! Nous n’en fîmes qu’une bouchée !

Leurs cadavres, encore tièdes, gisaient contre la muraille de pierre. Nous passâmes l’arche de pierre pour entrer dans la cour de la partie « intérieure » du château, lieu de vie de la famille Von Wittgenstein. L’ambiance était lourde et électrique. La pluie n’avait cessée de toute la matinée. Un silence inquiétant, régnait en ces lieux. Soudainement une odeur de putréfaction m’effleura la narine puis disparut. Jouer avec les morts, me répétais-je intérieurement…

Dès notre entrée, je remarquai le petit bâtiment sur notre gauche. Il s’agissait d’une verrière. Un jardin se trouvait sur notre droite mais une végétation abondante l’avait quasiment recouvert. Face à nous se trouvait une immense bâtisse classique de l’Empire. La structure était importante et bien ornementée. Une tour d’observation était implantée sur la face avant droite du bâtiment. Un peu plus loin sur la droite se trouvait ce qui semblait être un temple de Sigmar au regard des fresques extérieures et du fronton. En tendant l’oreille, je crus entendre une douce mélodie en provenir. Mais ce la ne dura que quelques instants. Derrière le temple se trouvait une haute tour mais toutes ses ouvertures étaient murées. Au centre de la cour une grande fosse grillagée avait été creusée, élément peu commun dans un château. L’odeur de mort provenait de ce lieu mais heureusement pour nous le fond était trop obscur pour révéler ces horreurs.

Heinrich inspecta rapidement la verrière. On ne voyait rien à travers les vitres car une mousse les avait recouvertes de l’intérieur. Il éclata quelques carreaux.

« Hé ! Y a des drôles d’hommes oiseaux là dedans !» remarqua-t-il.

Quelques sifflements se firent entendre et l’une de ces créatures s’approcha de la fenêtre brisée. Même si ces créatures n’étaient point horribles, il était clair que nous avions devant nos yeux des mutants ! Avaient ils été humains auparavant ? Mieux fallait ne pas le savoir… Pendant ce temps les hommes de Sigrid s’étaient approchés du jardin mais avaient rapidement rebroussé chemin lorsque des plantes rampantes s’étaient mises à se mouvoir dangereusement et a fouetté l’air à leurs approches.

Erefne et Khorint s’étaient approchés du temple. Leur curiosité les avait poussé à entrouvrir la porte. La douce mélodie se faisait de nouveau entendre. Quelques gémissements inattendus à cet instant devinrent audibles. Mais très rapidement Erefne donna l’ordre à Khorint de refermer la grande porte. Ce dernier s’activa mais semblait complètement éberlué.

« Mon Dieu ! », dit l’elfe, « Quelle décadence. Une véritable orgie ! »

« Que veux tu dire ? » lui demandais je en me rapprochant d’eux légèrement curieux.

Elle nous expliqua que le sol du temple était emplie d’une brume venant de petites statuettes portant chacune une vasque et encadrant une statue bien plus grande de Slaanesh. D’après sa description elle représentait une créature mi homme mi femme à la poitrine opulente mais bien membré si vous voyez ce que je veux dire !

« Mais qui est Slaanesh ? » demanda Heinrich.

« Le dieu… ou la déesse du plaisir et de la douleur. Une drôle de conception du…comment dire… du sexe comme vous dites vous les humains ! Car les adorateurs de Slaanesh ne font pas la différence entre plaisir et douleur charnels.» répondit Bénélis. Le fait de prononcer ces mots semblait lui coûter quelques efforts.

« Et cette musique ? Ces gémissements ?» demandais-je de nouveau.

« Un rituel ! Certainement des hommes et des femmes sont ils en train de copuler là dedans. Il m’a semblé voir quelques parties de leurs corps dans la brume.» ajouta Erefne.

« Un lupanar à la place d’un temple de Sigmar !» hurla Gadoum, « Mais c’est une véritable honte. Que dis-je, une hérésie !»

Pas si c’étaient des naines, mon cher ami, me marrais je dans ma barbe… Qu’importe quel type de fornication se passait là dedans, nous étions venu d’abord pour la Pierre. Et pour retrouver la Maria Johanna !

« On verra ça plus tard ! » conclus je, même si cet endroit éveillait ma curiosité vu le regard perdu qu’avait eu Khorint pendant quelques instants. Visiblement quelque chose agissait comme une drogue ou un appel à la tentation à l’intérieur du temple.

« Oui, mais nous purifierons ce temple par la suite.», déclara Erefne,

«Gadoum a raison, c’est un véritable affront à Sigmar. Et Slaanesh n’est pas un Dieu très convenable.

La pluie avait redoublé d’effort et le temps était devenu plus orageux lorsque nous décidâmes d’entrer dans la grande bâtisse. Sur le perron, une belle double porte nous faisait face. Sans toquer, nous les poussâmes et rentrâmes à l’intérieur. Une vaste pièce nous faisait face. Cela avait tout l’air d’être une salle de banquet puisqu’une grande table y était dressée. De la nourriture pourrie et quelques couverts s’y trouvaient. Un double escalier occupait le reste des lieux. Sur les côtés, suivant la montée des marches, étaient dressés de nombreux portraits peints. Je reconnus rapidement ceux que j’avais récupérés à l’observatoire. Je remarquai qu’il y en avait d’autres tous datés et légendés. Il fut facile de retrouver rapidement celui de Dagmar et ceux actuels. Le tableau le plus récent représentait la famille actuelle au complet et datait d’une dizaine d’années : le maître des lieux, le Baron Ludwig Von Wittgenstein et sa femme Ingrid. Et leurs trois enfants : l’aîné Gothar, la jeune Margritte et le cadet Kurt. Seule Ludwig semblait cacher une difformité sous ses habits bien trop amples. Et sa mâchoire semblait altérée comme si quelque chose de proéminent en poussait.

Alors que nous inspections les tableaux, une voix chevrotante se fit entendre :

« Messires ! Qui dois je annoncer ? »

Un vieil humain habillé en servant était apparu par l’une des portes du rez-de-chaussée. Il était voûté et traînait la patte. Une de ses mains restait caché à l’intérieur de son veston.

« Qui es tu vieil homme ? » demandais je.

« Je me nomme Slurd. Je suis le maître d’hôtel du château. »

« Que caches tu là ? » rajouta Sarfath.

Il hésita quelque peu mais sous nos regards furieux il répondit :

« Ma difformité, messeigneurs. Mais je n’aime pas la montrer. » dit il en laissant apparaître furtivement une pince à la place de sa main gauche. Pauvre bougre !

« Qui réside en ces lieux ? » demandais je à nouveau.

« Mais…la famille Von Wittgenstein évidemment. Je vais vous annoncer.»

« Non toi tu bouges pas de là !» ordonna Khorint. Il s’approcha de Slurd et d’un coup d’épée transperça son maigre corps. Merde, pauvre vieux ! Parfois Valmonter avait encore moins de scrupules que moi.

Nous nous dépêchâmes de monter à l’étage pour profiter de l’effet de surprise. A l’étage, un couloir et de nombreuses portes s’offraient à nous. En ouvrant la première nous découvrîmes une chambre où dormait un Minotaure. Sans se poser de question Heinrich dégaina sa dague, s’approcha furtivement du lit s’apprêtant à frapper. Au dernier moment, il décida de lui trancher la gorge mais la lame ripa. La peau de la bête devait être d’un cuir très résistant. Le minotaure se réveilla comprenant rapidement qu’on tentait de l’assassiner. Heinrich, totalement surpris, se mit à reculer. Nous prîmes rapidement le relais et la bête tomba rapidement sous nos coups. Malheureusement nous fîmes un peu de bruit et une autre porte s’ouvrit dans le couloir. Une nouvelle créature, armé et portant une peau de loup sur son heaume, en sortit.

« Qui ose déranger Ulfhednar le Destructeur et Guerrier du Chaos ? » demanda-t-il.

Un Guerrier du Chaos ! Nous nous étions renseignés sur ces créatures après avoir trouvés un de leurs crânes à Bögenhafen ! De réputation, c’étaient de très bons combattants. Khorint dégaina Barrakul pour la deuxième fois de la journée et se jeta sur lui. Il prit rapidement le dessus avec notre aide et en quelques secondes il trouva l’ouverture pour lui trancher la tête.

Nous commencions à planquer les deux cadavres lorsqu’une troisième porte s’ouvrit un peu plus loin. Une vieille dame accompagnée de deux chats se présenta face à nous :

« Jeunes gens ! Qu’est ce qui vous donne le droit de troubler l’ordre de cette honorable maison ?» demanda-t-elle.

C’était une vieille peau, certes richement habillé et pleines de bijoux mais l’âge avait fait son effet. Je reconnus le visage du tableau : Ingrid Von Wittgenstein. Elle s’aidait d’une canne contre laquelle ses chats se frottaient en ronronnant. Evidemment les chats n‘étaient pas complètement « normaux » : l’un possédait un pelage couleur arc en ciel et l’autre aux poils mauves semblait avoir de petites mains à la place des pattes. Je tentais de saisir la vieille qui, aussi surprenant que ce fût, m’évita prestement ce qui me fit chuter, comme un âne, au sol. De surcroît, je fus bon pour me ramasser un coup de canne.

« Ca suffit ! Vous allez nous mener à votre fille. Immédiatement !» ordonna Sarfath.

Ouais, et à mon bateau, pensais-je.

« Et bien elle doit être dans son laboratoire ou dans sa chambre.» répondit Ingrid.

« Alors, menez nous à elle, très chère Dame.» ajouta Erefne.

A cet instant deux serviteurs apparurent. Ils semblaient inquiets de notre présence surtout lorsque Khorint molesta le plus petit l’envoyant bouler dans l’escalier.

« Comtesse qui sont ces gens ? » demanda le grand maigre aux doigts et au cou anormalement allongés.

« Je ne sais pas Reiner. Mais ils désirent voir ma fille.» lui répondit Ingrid.

Puis elle les congédia. Gadoum et Bénélis restèrent en arrière pour explorer les dernières salles tandis que le reste du groupe suivait Ingrid qui prit les devants et nous amena à une autre pièce. Nous rentrâmes dans ce qui semblait être la chambre de Margritte. Vide. Dehors la pluie battait son fort et les éclairs se faisaient de plus en plus insistants.

« Elle doit être dans la tour. » dit la vieille qui prit une porte adjacente.

Notre groupe entra dans une pièce circulaire, la tour d’observation que nous avions vue de l’extérieur. Cette pièce semblait être consacrée à l’étude de l’astronomie. Un escalier nous mena dans un laboratoire. Un cadavre humain reposait sous une table. L’escalier grimpait encore. On prit alors les devants. Nous traversâmes un nouvel étage se trouvant être une bibliothèque. Nous arrivâmes dans une nouvelle pièce en plein milieu d’une scène incroyable.

Une frêle jeune femme maniait un drôle d’attirail fait de cordes et de chaînes métalliques. Sur une table suspendue à deux mètres de haut était sanglé un homme inerte. Plutôt un monstre au corps rapiécé de toutes parts et aux membres cousus les uns aux autres. Et sur son crâne était posé une sorte de casque relié à plusieurs câbles. Au sommet de la tour, une ouverture était suffisamment béante pour laisser passer la pluie. Dans le ciel puissamment orageux, une série d’éclairs se succédèrent d’une manière inhabituelle. La folie régnait dans les yeux de Margritte lorsqu’elle croisa nos regards.

Un éclair claqua juste au dessus de nos têtes. Le son surpuissant de la foudre nous ébranla. Une décharge électrique frappa la machinerie des lieux jusqu’à produire des étincelles sur le casque de la créature. Margritte hurla de joie et se mit à rire comme une démente. La créature se mit alors à avoir des soubresauts.

« J’y suis arrivé ;» dit Margritte, « et vous ne l’empêcherez pas de vivre. Elle est vivante ! Vous comprenez, vivante ! »

Une folledingue. Une vraie folledingue ! Elle agita ses bras dans notre direction, lançant un sortilège. Huit squelettes apparurent entre nous et elle. Le combat s’engagea. Tout alla très vite. Entre les coups de fléau, les flèches et les carreaux sifflant au dessus de ma tête, et deux boules de feu qui explosèrent, je parvins à rejoindre et à couper les cordages de côté de la table suspendu. Elle bascula à moitié. La créature était en train de défaire ses sangles. Je vis Heinrich tiré une flèche sur Margritte qui s’était envolée vers le sommet de la tour pour visiblement s’échapper. Nous fûmes plusieurs à engager le combat avec la créature, qui s’était définitivement libérée de ses liens, et à lui faire mordre rapidement la poussière. Les squelettes n’avaient pas fait long feu non plus. Lorsque le combat cessa, un jeune homme au visage déformé et possédant quatre bras entra dans la pièce comme un furieux. Je reconnus le « petit frère» Kurt. Il s’approcha de sa sœur, retombée inerte au sol. Morte. La rage s’empara de lui et il se rua en ma direction. Vu son état de démence subite, je n’hésitai pas un instant et abattit violemment mon fléau. Sa cage thoracique éclata sous l’impact et il s’effondra au sol. Le calme revint rapidement. Seule la foudre continuait à se faire entendre. A cet instant Ingrid fit son apparition dans la pièce. Nous vîmes la consternation sur son visage. Sans rien dire, elle redescendit les marches. Heinrich la suivit. Nous commençâmes à fouiller les lieux. Soudain la tête d’Heinrich réapparut :

« Hé les gars ! La vieille, elle s’est défénestré sans rien dire, sans un cri ! » La famille Von Wittgenstein venait de perdre trois de ses membres en quelques minutes...

Nous trouvâmes quelques documents, certains sous entendant l’utilisation par Margritte de la Pierre Discordante en tant que poudre, mais rien ne nous révélait son emplacement. Nous poursuivîmes nos recherches rassemblant le reste des domestiques. Mais aucun d’eux n’en savait plus. Nous explorâmes sur leurs conseils, un passage souterrain menant à quelques cellules. Un ogre geôlier surveillait les lieux. Nous lui réglâmes rapidement son compte. Un pauvre bougre et ancien villageois, du nom de Fritz, pût alors être libéré de sa cage. De toute façon, la captivité avait l’air de l’avoir rendu bien barré.

Nous découvrîmes aussi un long escalier descendant encore plus sous terre. Je le pris avec Khorint. Il nous mena à une cavité naturelle au niveau du fleuve. La Maria Johanna se trouvait là, intacte. Enfin une bonne nouvelle ! Une ouverture assez large laissait apparaître les bords du Reik. Seule une grille, que je remontais à mi hauteur à l’aide du mécanisme, empêchait la sortie. Après une rapide vérification du bateau et de son contenu, nous rejoignîmes nos compagnons. Pendant ce temps, ils avaient sorti les pauvres « croyants » du temple de Slaanesh, brûlé la statue du dieu androgyne et tué une créature, sorte de femme démon qui protégeait les lieux. Les adeptes avaient été pour la plupart drogués par cette fumée au sol et ne se rappelaient même pas de leurs actes. Sigrid et ses hommes allaient s’occuper d’eux.

Il ne nous restait plus qu’à inspecter la Tour murée. Seule une porte était encore accessible. Les serviteurs nous apprirent que c’était le lieu de vie de Ludwig Von Wittgenstein car ils laissaient de temps en temps de la nourriture par cet unique accès. Nous pénétrâmes dans ce drôle de lieu. Très rapidement nous remarquâmes que le sol, les murs et les meubles étaient infestés de cafards. Une infinité de cafards ! Une étrange mélodie, un clavecin, se faisait entendre depuis l’étage. Nous gravîmes les marches pour pénétrer dans une chambre assombrie où une vaste forme jouait calmement un air classique connu du vieil Empire.

Elle s’arrêta et se retourna en notre direction. Ce n’était plus un homme mais un mutant très proche d’un énorme cafard. Il n’y avait plus trace d’humanité dans cette chose. Et pourtant il nous adressa la parole d’une voix bien humaine elle.

« Bonjour, mes braves gens. Soyez les bienvenus en ma demeure. Oh oui je sais, l’endroit peut vous paraître désagréable. Pourtant mes amis sont tout ce qu’il y a de plus sympathique. »

Des cafards rampaient le long de ses pattes, parcourant son corps d’insecte. Il nous expliqua qu’il regrettait tout ce qu’étaient devenu ces lieux et la folie de ses enfants. Il nous apprit que sa fille avait, quelques années auparavant, retrouvé les écrits de leur ancêtre Dagmar. Puis elle avait utilisé le laboratoire afin de mener ses terribles expériences. Il se remémora la folle tempête « discordante » datant de deux années. Nous comprîmes alors qu’il était alors devenu complètement en dehors de ce qui pouvait se passer à l’extérieur de sa tour murée et nous préférâmes le laisser seul avec ses amis. Il ne pouvait pas nous apprendre où se trouvait la Pierre.

On avait du passer à côté de quelque chose. Nous nous remîmes à fouiller les lieux. C’est Sarfath qui trouva la solution à notre problème. En inspectant l’autel du temple, elle découvrit un passage secret. Un couloir rejoignait aussi les cachots vides que nous n’avions pas ouverts. La galerie s’enfonçait dans les entrailles de la terre. Tout le groupe s’y engouffra. Le passage était assez long et soudain nous arrivâmes dans une petite pièce. Mais là, ce fut la consternation. Le coffre de plomb se tenait devant nous mais il était ouvert et bel et bien vide. Dans le mur en face, une récente galerie avait été creusée. La terre poussée à l’intérieur de la pièce donnait un indice clair. Quelque chose était venue de l’extérieur en creusant ce passage. Sarfath approcha une torche et commença à se faufiler à l’intérieur suivie de Bénélis. Erefne s’intéressa de son côté à la seule petite table de la pièce où se trouvaient un broyeur à pierre et quelques éprouvettes contenant de la poudre noire. Celle ci tourbillonnait à l’intérieur lui donnant un aspect presque vivant. Nous entendîmes au loin les filles nous expliquer que le tunnel possédait rapidement de nombreuses ramifications. Soudain nous entendîmes des cris et des couinements stridents en provenir. Des cris que nous avions déjà entendus par le passé. Des Skavens ! Saloperie d’hommes rats. Pourquoi étaient ils venus voler la Pierre ? Et surtout comment nous avaient ils devancer de quelques jours, voir de quelques heures ? Les filles peu rassurées commencèrent à faire demi tour.

D’autres bruits se firent entendre assez lourd. Eloignés puis de plus en plus proches.

« Mince, tout s’effondre là dedans ! » dit Sarfath essayant de ressortir le plus rapidement possible. Les murs autour de nous commencèrent à trembler. Le sol à s’agiter. Je l’aidais à s’extraire du tunnel tandis que Bénélis la suivant de près, nous ordonna de fuir les lieux.

« Suivez nous, Josep et moi, à la Maria ! On connaît le chemin.» hurla Khorint alors qu’un véritable vacarme se mettait en branle. Nous fîmes que courir comprenant qu’au dessus de nos têtes, tout s’effondrait. Les bâtiments extérieurs étaient peut être déjà réduit en poussière. Les Skavens avaient transformés les lieux en une mine meurtrière. Un véritable tombeau si nous ne rejoignions pas le bateau à temps. Nous dévalions les nombreuses marches à toute allure. Arrivés dans la grotte souterraine, tout le monde se rua à bord de la Maria Johanna. Je pris la barre donnant quelques ordres net et précis à Heinrich afin de larguer les amarres. Il fallait faire vite car des gros blocs de pierres commençaient à se détacher du plafond. Tout tremblait, troublant même la surface de l’eau. Khorint resta le dernier sur le ponton pour relever la grille à l’aide du tourniquet et sauta sur le bateau que je manoeuvrais pour l’orienter convenablement.

« On va y arriver capitaine ? » me demanda Erefne qui semblait peu confiante.

« J’ai déjà vu pire ! » lui mentis je effrontément. Je me concentrais pour éviter les blocs chutant de part et d’autres du bateau. La manœuvre était trop lente même si il fallait parcourir une petite distance. Mais la chance nous sourit. A peine sorti sur le Reik, je pris le courant pour gagner de la vitesse. Heureusement le temps peu clément offrait un bon vent. Très rapidement je changeai de cap pour remonter le fleuve. En effet si tout s’écroulait, je m’attendais à recevoir une lame de fond due à l’immense secousse que cela produirait. A contre courant et en amont, je ne risquerais rien. La plupart d’entre nous levaient constamment la tête. Au dessus du fleuve, la falaise se fissurait et se craquelait, les tours se brisaient et chutant d’une bonne cinquantaine de mètres. La Tour centrale explosa entraînant une partie des ponts. Puis soudain un énorme craquement se fit entendre et tout s’effondra. Bâtisses, murs, enceintes, falaises et blocs de pierre, dans un terrible vacarme et un immense nuage de poussières plongèrent dans le Reik. La scène était stupéfiante ! La lame de fond qui suivit conclut ce triste spectacle mais nous étions à l’abri. Merde alors, nous venions d’assister à un événement qui ferait encore parler de lui dans les cent prochaines années !

Le château Wittgenstein n’était plus. Parti en fumée et réduit en poussières.

Et nous y avions survécu !

Volto 14/01/2008 15:15

Extra! J'ai adoré revivre ce moment de la campagne de "L'ennemi intérieur", que j'ai d'ailleurs jouée il y a plus de dix ans!

Mais petite question: où sont les 13 chapitres précédents? J'aurais adoré commencer par le chapitre 1.

Tu peux me dire s'ils sont disponibles, STP?