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Chapitre X

déc. 22 2006

29 mars 1199, Alliance de Rune.

Nous sommes perplexes. La récompense est à la hauteur de l'épreuve, mais nous demandons un délai de trois jours pour réfléchir avant de nous décider. Aliazar est très pâle, et l'offre de Doissetep ne le convaincra pas plus. Il n'a d'autre idée que d'aller chercher sa soeur dans le reggio. Mais plus je réfléchis, moins je sais quoi décider.

Troublant ma réflexion, et celle des autres par la même occasion, Aymeline propose d'aller dans un premier temps visiter le sanctum d'Archibaldo, maintenant que nous avons un peu de temps. Cette idée nous travaillait tous depuis assez longtemps, et comme Aymeline l'expose au bon moment, nous nous accordons pour prendre la direction des souterrains sous le palais des papes.

Plus tard, nous sommes à Avignon, à marcher dans une grotte sous le palais des papes. Au bout, une porte que Gaspard fait sauter d'un coup d'épaule, puis une petite salle, ne contenant qu'un autel, au centre. Quelques passes magiques suffisent à Batossaï pour faire pivoter ce dernier, et nous descendons dans une seconde petite salle. Là, une flaque miroitante nous attend. Animée de vaguelettes, brillante dans l'obscurité et baignant la pièce d'une clarté bleutée, elle alimente la discussion qui s'engage entre les membres de note groupe.

Seule, Aymeline ne dit rien. Au début cela nous paraît étrange, la connaissant, mais elle gesticule beaucoup et ça, ça n'est pas normal. Abandonnant quelques secondes la discussion qui nous préoccupe, à savoir si, oui ou non, la flaque est une porte vers un reggio démoniaque, nous observons notre amie mimer. Les secondes passent, puis Aïtzol s'exclame : “Je crois qu'elle veut nous faire comprendre quelque chose... on dirait qu'elle est sourde... et certainement muette aussi.”. La Quaesitori s'agite un peu plus et semble acquiescer vivement à cette phrase, et nous en déduisons rapidement qu'elle a raté un sort, et subi un crépuscule qui l'a privée de moyens de communications.

Deux secondes après cette édifiante conclusion, Aliazar saute dans la flaque. Il tombe dans le sanctum d'Archibaldo, et sous l'effet d'une gravité modifiée, se retrouve plaqué sur un mur vertical. Au début, c'est un peu déroutant, mais il s'adapte bien et finit par rassembler les objets de valeur pour nous les passer à travers la flaque. Après examen des objets, livres et trésors divers, nous embarquons le tout et rentrons à Rune. Nous n'avons pas trouvé d'entrée au reggio démoniaque, c'est le constat le plus décevant que nous faisons.

Le constat le plus réjouissant concerne le fait qu'Aymeline se taise, et ça, c'est quand même plaisant, il faut l'avouer.

31 mars 1199, Alliance de Rune.

Le dernier conseil avant le départ. Un par un, nous résumons une dernière fois nos arguments. Aliazar ira, même seul s'il le faut. Je suis plus hésitant. Aymeline décide de ne pas venir, et peut nous le dire, puisque sa voix est revenue. Mais finalement tous les autres, Batossaï, Aïtzol, Aliazar et moi, décidons d'y aller. Escortés de Gaspard et de Garrett, nous nous mettons en mouvement vers Doissetep, pour rencontrer Oxione et lui donner notre accord. Yg est le dernier de Rune qui fera partie du groupe.

2 avril 1199, Alliance de Doissetep.

Incandescenz et Maestritus ont rejoint notre bande. Le plan est vite préparé. L'entrée la plus proche pour entrer dans le reggio de Balthus est le long de la côte basque, et nous prenons dès le midi la direction de l'Atlantique. Le passage dans le reggio démoniaque ne pose pas de problèmes particuliers. A flanc de falaise, une ouverture permet de traverser jusqu'à une autre falaise, plongée dans la pénombre. Là, nous suivons Yg sur une piste rocailleuse. Longtemps après, nous arrivons devant une bâtisse composée de deux tours, et Yg annonce que nous sommes arrivés. Sur l'ordre de Batossaï, Garrett s'avance pour aller explorer l'endroit. Ce qui nous laisse un peu de temps pour observer les alentours. Pas très loin de la ou nous attendons, nous distinguons un autre bâtiment, qui se révèlera être l'Alliance de Bellaquin. Au moins, nous n'aurons pas fait le voyage pour rien, et nous nous promettrons d'y passer avant de repartir. Mais déjà, Garrett revient, relativement détendu, car il n'a trouvé personne de vivant, en dehors de Nexus qu'il pense avoir aperçu dans une geôle de la tour de gauche.

Nexus ! Notre ami est donc encore en vie. Bien avant de penser à Lucie, je propose que nous allions immédiatement le libérer pour le ramener à Rune. Aliazar est d'accord, mais il préfère s'intéresser à l'autre tour, dans laquelle Nausébus a établi un atelier, et peut-être également un sanctum. Laissant la les autres, je pars avec Aïtzol pour récupérer notre sodalis prisonnier. Peu rassuré au départ, je prends de plus en plus confiance, car comme l'a dit Garrett, il n'y a pas âme qui vive dans la prison. Nexus lui-même ne semble pas vivre. Il est très mal en point, et nous le sortons sans qu'il ne prononce une seule parole, il ne semble même pas nous reconnaître. Aïtzol le prend en charge, et décide de le raccompagner, ou plutôt de le porter hors du reggio. Je le laisse partir et promet de le rejoindre en volant dés que nous en aurons fini avec la deuxième tour.

D'un coup d'aile, je rejoins une fenêtre qui donne sur l'atelier de Nausébus, et observe ce qui se passe dans la bâtisse. A l'intérieur, Aliazar se sert d'une des pièces d'Ilectus, afin de détecter la magie du lieu. Mais rien ne réagit.

“Trouvons le gemme qui contient l'âme de ma soeur, cherchons !” lance Aliazar. Alors, chacun se disperse dans la salle, Gaspard et Garrett d'un coté, Aliazar au centre, et les deux magiciens de Val Negra d'un autre coté. Le temps passe doucement et malgré la prudence, Incandescenz fait tomber une éprouvette qui, en atteignant le sol, se brise dans un bruit aigu. Un claquement lui répond quelque seconde après dans une pièce de l'étage supérieur. Puis un bruit de pas léger se fait entendre, se rapprochant de la porte qui donne dans la salle principale de l'atelier, ou tout le monde était en train de chercher. Le groupe s'est arrêté, chacun se cache du mieux qu'il peu en surveillant la porte ou quelqu'un devrait apparaître sous peu. Puis le battant s'ouvre, et une enfant apparaît. C'est Lucie !.

“Aliazar, c'est toi ?” demande-t-elle d'une voie douce.

“Oui, Lucie, c'est moi. “ répond le mage. La fillette réagit à ces mots, et commence à descendre l'escalier, lentement, puis elle parle de nouveau.

“Ou es-tu, Aliazar ?”

“Je suis ici, en bas, petite soeur.” répond notre ami d'un chuchotement.

“Mais, je ne te vois pas.” se met-elle à pleurnicher.

“C'est parce que je suis caché.” conclut Aliazar.

C'est le moment que choisit Garrett pour sortir de sa cachette (Hé oui, lui aussi était caché !), et poignarder la jeune enfant. Aliazar hurle, mais au lieu de tomber, sa soeur se retourne vers le voleur, et d'un geste magique, ouvre le sol sous ses pieds. Garrett tombe dans ce puit, pendant que Gaspard projette un lourd grimoire sur la fillette. Mais déjà celle-ci se transforme, et sous nos yeux, Nausébus apparaît, le regard froid et colérique, un rictus maléfique aux lèvres.

Cependant, malgré toute sa force, il n'est pas de taille à lutter contre quatre mages décidés. Après quelques sorts et plusieurs trous dans le sol, il choisit de ne pas poursuivre le combat jusqu'à sa probable mort, et se transforme, comme à son habitude, en souffle d'air. Il s'enroule autour du lustre duquel il extrait un rubis, rubis dont nous soupçonnons immédiatement qu'il contient ce que nous étions venus chercher. Ensuite, il traverse la fenêtre ou je me tiens, et quitte la tour. Malgré mes efforts pour le poursuivre, il me distance inexorablement.

Au moment ou je comprend que nous avons perdu la partie, je mets le cap vers Aïtzol pour aller l'aider. Abandonnant derrière moi les autres membres du groupe à leur propre sort, je rejoins rapidement notre compagnon de Val Negra qui continue à porter Nexus vers la sortie du reggio. A deux, l'entreprise est plus aisée, et nous arrivons bientôt à la falaise d'ou nous passons dans le monde 'réel'.

15 septembre 1199, Alliance de Rune.

Cela fait maintenant quatre mois que nous sommes sortis du reggio de Balthus, et Nexus a repris conscience et des forces. Nous n'avons pas de nouvelles du reste des membres de l'expédition, mais cela ne m'inquiète pas outre mesure, car le temps passe différemment suivant les plans, et je sais que ce n'est pas pour autant que les autres membres de l'alliance sont morts. Cependant, depuis quelques jours, Nexus insiste de plus en plus pour que nous retournions les chercher, comme lors de la première séparation, lors de la destruction de l'alliance de Chamonix (ou d'Avoriaz, je ne sais plus très bien, ma mémoire me fait parfois défaut sur ces souvenirs de peu d'importance.).

16 septembre 1199, Alliance de Rune.

Finalement j'accepte, seul, de répondre à la demande de Nexus. Aïtzol ne désirant pas retourner dans le reggio, trop contraire à sa nature, j'irai, avec mes moyens de déplacement avantageux, chercher les autres, ou, au moins, prendre de leur nouvelles. Aussitôt dit, aussitôt fait, je repars en direction de Biarritz pour passer dans le plan de Balthus. Yg n'est pas venu non plus, jugeant inutile de prendre le risque de subir une autre confrontation avec son ancien maître. Je trouve mes compagnons à l'affût, devant Bellaquin ou, m'apprennent-ils, Nausébus s'est réfugié. Ils ont pu suivre l'éclat du rubis, et c'est à l'intérieur de l'alliance qu'il est allé se cacher. Aliazar me renseigne sur d'autres sujets. Bellaquin ne semble pas subir le cycle de jours et de nuits de quatre heures auquel est soumis le reggio. De plus, en fermant les yeux lors des déplacements, une personne normale est beaucoup moins sujette aux distorsions qui avaient posé problèmes aux marcheurs dès l'entrée dans le plan de Balthus.

En résumé, mes compagnons patientent en surveillant Bellaquin, se demandant quelles fourberies il va leur falloir affronter à l'intérieur. D'autant plus qu'on peut parfois apercevoir des mages, à une fenêtre ou une autre, et que ceux-ci n'ont jamais noté la présence de notre groupe qui les observe, malgré le battage que nous faisons à ces moments particuliers. Encore une fois, mes ailes me permettent d'aller de l'avant, et je pénètre dans Bellaquin par les airs. Encore une fois, je suis surpris de ce que j'y trouve. Les mages, y compris le Primus, n'ont pas conscience d'être prisonniers dans un reggio démoniaque, et me le prouvent en sortant à l'extérieur de l'enceinte, pour se promener ... dans la campagne environnante, ou il n'y a aucune trace de mes compagnons, mais plus encore, aucune trace du reggio. Nous sommes dans le plan réel... Mais prisonniers d'un faux monde... Je commence d'ailleurs à perdre courage, ne sachant pas comment en sortir, lorsque je vois émerger Batossaï d'une nouvelle distorsion, tirant derrière lui une corde qui maintient un chemin ouvert entre le reggio, réel, et la campagne autour de Bellaquin, illusion. Un par un, mes compagnons pénètrent dans le monde fantasmagorique, s'extasient et s'interpellent, puis, lorsque le calme est revenu, nous tenons conseil avec les mages de l'Alliance.

La conclusion principale est que Nausébus n'est pas ou plus là, mais il a sa disposition tout un autre monde, copie du monde réel, dans lequel il peut se cacher. Malgré quelques vols de reconnaissance, dont un à Rune ou je peux voir Aymeline vaquer à ses occupations quotidiennes, je n'arrive pas à retrouver la trace du magicien maléfique. Les illusions ayant leurs limites, le message qu'Aliazar fait expédier à Rune par l'intermédiaire de messagers illusoires n'arrivera jamais. Néanmoins, les mages de Bellaquin ont confiance en nous, et c'est avec pratiquement toute l'alliance que nous ressortons, grâce à la corde, et que nous revenons dans le monde réel.

15 mars 1200.

Nous sommes sortis de reggio, avons laissé les mages de Bellaquin à Doissetep, et prenons la direction de Rune.

21 mars 1200, Conseil de printemps à l'Alliance de Rune.

Après avoir expédié les affaires courantes, telles que le lancement d'un nouvel Aegis ou la direction que Aude et David de Symil doivent prendre avec notre seigneur local, nous décidons de prendre la direction de Doissetep ou nous sommes attendus pour un conseil qui doit discuter de Nausébus et Balthus.

23 mars 1200, à Doissetep, en présence d'Oxione, maximus primus de Doissetep.

Archibaldo a été remplacé par le Père Simon de Titus, au rôle d'inquisiteur en chef de l'église catholique. Rien à dire de plus, le père Simon n'est pas un hermétique, aussi son sort ne nous intéresse que peu. A propos de Nausébus, les débats sont beaucoup plus importants. Nauébus a fui Bellaquin et son sanctum, mais pour aller où ? Il dispose d'un énorme territoire pour se cacher, et au delà, il dispose également d'une base d'ou il peut nous espionner, et préparer ses futurs attaques sur Doissetep, pour venir y chercher le corps de Lucie. Au fil des discussion, Oxione prend conscience de l'importance de la prison de Bellaquin, et nous demande si nous serions prêts à fouiller le reggio pour y chasser définitivement Nausébus. C'est Oxione qui suggère que Nausébus pourrait même nous surveiller pendant le conseil, car il suffit qu'il soit placé dans le reflet de Doissetep pour avoir accès à nos discussions. D'ailleurs, n'aurait-il pas posé le rubis à l'endroit ou le corps de Lucie repose, confortant ainsi sa domination sur elle ?

Que cela soit vrai ou pas, que faire ? Peu d'entre nous ont envie de retourner de l'autre coté, car de nombreux dangers nous y guettent. Seul Aliazar insiste pour y repartir, et il n'aura de cesse de faire revenir l'âme de sa soeur. Ainsi passent les heures, et de plans en plans, de réflexions en réflexions, Maestritus, Aliazar et Incandescenz se décident à y aller ensemble, en emportant de plus le corps de Lucie. Ce plan semble désespéré, mais rien ne peut dissuader Aliazar. Aussi le laissons nous partir.

26 avril 1200, Alliance de Rune.

Un messager est arrivé de Doissetep pour nous quérir. Nous partons aussitôt.

27 avril 1200, Alliance de Doissetep.

Aliazar et ses deux compagnons d'infortune sont revenus du reggio de Balthus. Ils sont tous les trois blessés, et Lucie n'est pas revenue avec eux. Aliazar semble de plus en plus perturbé. Au conseil qui suit, nous apprenons la triste vérité. Le rubis que nous avions vu ne contenait pas l'âme de Lucie, mais celle de Balthus. Lorsque Nausébus s'est trouvé en face du corps de Lucie, le rubis a explosé en mille morceaux et Balthus a pris possession du corps qui se trouvait à sa portée. Et tandis que Balthus fuyait le combat, Nausébus le couvrait pour empêcher les trois mages hermétiques de l'atteindre. La mort de Nausébus pendant ce combat nous laisse un goût amer. L'impression d'avoir tué le serviteur et d'avoir laissé fuir le maître, qui, de nouveau, va pouvoir nous traquer. A peine remis de nos émotions, Oxione nous indique la seule solution qui nous reste à présent. Trouver les dernières pièces d'Illectus et aller affronter le démon. Car ce dernier va recouvrer ses pouvoirs et, selon Oxione, il va nous pourchasser en priorité pour se venger. Il faut donc à tout prix que nous soyons prêts à l'affronter lorsqu'il viendra nos défier. Et les pièces d'Illectus ont été conçues dans ce but. La démonstration achevée, le conseil se termine, et nous repartons pour Rune, perdus dans nos pensées.

28 avril 1200, Alliance de Rune.

Aliazar a beaucoup de choses à nous raconter. Outre sa dernière expédition, Aymeline lui demande de nous parler de sa famille, les Verstrappen. Mais pour Aliazar, il n'y a aucun lien entre sa famille et nos soucis actuels. Le Danemark étant loin, personne n'a le temps ni ne désir de faire le voyage pour aller surveiller les parents de notre Voix. Aussi, parlons nous ensuite de l'avenir. Incandescenz et Aymeline vont rester à L'Alliance pour étudier les pièces que nous possédons déjà. Nexus tentera de percer les plans de Balthus. Aitzöl ira en Arcadie chercher une des pièces. Batossaï, Aliazar, Gaspard, Aude et moi partirons en Italie chercher les deux dernières. Le départ se fera le plus vite possible.

29 avril 1200, sur les routes d'Italie.

Malgré les doutes que nous avons sur Aliazar, l'atmosphère est très bonne. Au-delà des problèmes de l'Alliance, nous avons un but commun, et aucun de nous ne peut y échapper, car Balthus ne fera pas de pitié. Nous sommes unis, peut-être pour la première fois depuis que nous avons perdu le maître peintre.

30 avril 1200, forêt de Sasso.

Aucun bruit, aucune vie. Nous sommes dans un bois ou rien ne semble vouloir nous accueillir. Il nous faudra patienter jusqu'à la nuit pour enfin nouer le dialogue avec un moineau, puis avec un vieillard qui nous servira de guide et nous trouvera un abri. Longtemps, sous les étoiles, il nous demandera ce que nous sommes venu faire. Au matin, il aura disparu, mais nous saurons rapidement que nous avons passé l'épreuve avec succès.

1er mai 1200, forêt de Sasso.

Au milieu des bois et des animaux maintenant revenus, un roc, ancien Bjornaer revenu à son existence primitive, accepte de me confier la pièce qu'il possède, en échange d'une promesse de ne pas la prêter, et de la ramener lorsque Balthus aura été défait. Bien entendu, je lui donne ma parole, et nous repartons avec la pièce.

5 mai 1200, Val d'Aoste.

Nous allons rencontrer les descendants d'Oreste. Michel, seigneur en titre, gère le fief que son aïeul a conquis autrefois après avoir quitté Illectus. Avec Aude, je me présente à lui comme un historien, chargé d'enquêter par Foilan de Marcillac. Rapidement, notre hôte nous expose ses problèmes d'argent, et son moyen de résoudre temporairement ce problème en cédant l'épée de son ancêtre à des gens venus de Saint-Augustin. Ce nom éveille notre curiosité. Mais nous n'avons pas à poser de questions, car Michel est loquace, et nous parle du Frère Simon, venu pour lui acheter l'arme un bon prix. Or, cette épée contient la pièce que nous convoitons. Alors, à la nuit tombée, je me glisse dans les appartements de Michel pour lui voler l'épée, en échange d'une bourse pleine de pierres précieuses. Avec ce trésor, Michel et sa descendance devraient être à l'abri du besoin pour quelques décennies. Puis, tous ensemble cette fois-ci, nous allons tuer frère Simon, et récupérer la pièce d'Illectus que ce vaurien avait déjà subtilisé dans l'épée plus tôt la journée d'avant. Ceci étant fait, je retourne remettre l'épée en place, et nous l'achèterons légalement le lendemain avant de rentrer à Rune. Pour plus de tranquillité, nous emportons avec nous le cadavre de Frère Simon.

6 avril 1200,

Nous repartons en direction de Rune.

8 mai 1200, Alliance de Rune.

Aïtzol est revenu ce matin, avec la dernière pièce d'Illectus. Nous les possédons désormais toutes. Et comme nous sommes tous présents, nous organisons un conseil ou chacun racontera son histoire, y compris le cadavre du Frère Simon, qu'Aymeline a décidé de faire parler. Ses paroles vont d'ailleurs bousculer notre alliance. Frère Simon nous parle de 'sa mission', aux ordres des Verstrappen du Danemark. Il devait récupérer l'ensemble des pièces d'Illectus, notamment celle du monastère de Saint-Augustin. Les Verstrappen, la famille d'Aliazar !. Frère Simon nous révèle ce que la Voix nous a caché jusque là, au mépris de notre vie commune à Rune. Sa famille trafique avec les démons, avec Balthus lui-même, et son père fut l'ami de Nausébus. A la fin de l'interrogatoire du cadavre, l'ambiance au sein de la salle du conseil n'est plus la même. Nous commentons peu, et chacun se retire dans ses appartements. De mon coté, je ne sais plus, je ne comprends plus ce qui se passe, et pourquoi nous avons été entraînés. Mais je suis sur qu'Aliazar en porte la plus grande responsabilité.

11 mai 1200, Alliance de Rune.

Réveil au calme, tout le monde est là. Un conseil est organisé car, suite aux révélations du Frère Simon à propos d'Aliazar, ce dernier a décidé de ne plus être la Voix de l'Alliance. De plus, les autres soldales doutent de lui. Au delà de la nomination d'une nouvelle Voix, la question primordiale reste posée : Que faire maintenant ?

– Finir l'étude des pièces ?

Ou

– Aller au Danemark pour y traquer les parents d'Aliazar ?

D'autres questions sont posées : Lucie était-elle vraiment Lucie ? (hé ouais... on se pose des vraies questions,... ça calme, hein... ?), car Frère Simon nous a dit l'avoir vue il y a un mois au Danemark. La Lucie que nous avons connue était elle une jeune fille, ou autre chose, venue à Rune pour nous surveiller ? Cette question restera quelques temps encore en suspens. Nous décidons de nous concentrer sur l'étude des dernières pièces d'Illectus, après avoir nommé Aymeline nouvelle Voix de l'Alliance de Rune. (On a pas le choix, tous les autres soldales sont trop occupés à coté pour assumer ce poste de fainéant...)

15 mai 1200, Alliance de Rune.

Nous approchons du but final. Utiliser les pièces toutes ensemble en prononçant simultanément le mot de commande 'Magic Omnipotent Est' devrait permettre la communion. Aymeline et Incandescenz ont examiné presque tous les objets et nous ré-expliquent le fonctionnement. Il reste celle qui semble 'détecter le don' et tout sera prêt. Aucune nouvelle de Balthus, mais nous doutons tous d'Aliazar. L'atmosphère est pesante.

Fin mai 1200, Alliance de Rune.

Toutes les pièces ont été examinées, ils ne nous reste plus qu'une dernière expérience à tenter : LA communion. Aymeline, suspicieuse, veut quand même lancer un anéantissement des démons sur Aliazar, afin de dissiper les derniers doutes... Un papier est signé, et ensuite nous lançons un sort qui innocente Aliazar, car rien ne s'est passé. Aliazar n'est donc pas un démon. Il a cependant ressenti une gène consécutive au sort, et nous ne pouvons nous l'expliquer. Batossaï évoque l'idée d'un 'jumeau démoniaque', mais rien ne peut prouver cela. Nous en sommes encore réduits à de simples hypothèses. Aliazar suppose alors que Balthus pourrait manipuler l'Ordre d'Odin pour l'amener à combattre celui d'Hermes. Mais un rapide voyage à Doissetep ne confirme pas cette hypothèse, car Oxione fait surveiller les parents d'Aliazar et ceux-ci n'ont pas bougé depuis longtemps. Il n'y a pas de trace de Lucie non plus au Danemark. Les quelques essais de communions que nous avons fait ce jour là ont tous été fructueux. Nous pouvons déclencher une colonne de feu lorsque nous sommes en cercle, mains tenues avec les pièces d'Illectus. Enfin, nous avons une arme contre le mal.

1er juin 1200, Alliance de Rune.

Le lendemain matin, après le premier repas, nous apercevons un être vivant dans la cour, devant l'Alliance. Cela me paraît incroyable, mais il s'agit de Lucie. Rapidement, et profitant du fait que Aliazar ne s'est pas encore levé, nous nous portons tous autour d'elle pour tenter de lancer, par une communion, un sort qui la détruira. Mais rien ne se passe, jusqu'à l'arrivée d'Aliazar, qui vient rejoindre sa soeur au centre du cercle que nous formons. Aucun mot n'a été échangé.

Sur une impulsion d'Aymeline, nous brisons le cercle. Je n'ai que le temps de me reculer pour voir la Quaesitori extraire de sa robe le cristal de géant dont elle se sert contre Lucie, qui tombe sous les amas de glace qui jaillissent de la pierre et la heurtent. La réaction d'Aliazar est rapide. Dans ses mains se forment des sorts de destruction à notre encontre. La tension monte, et le combat commence, chacun tentant de se préserver tout en abattant Aliazar, en lequel personne n'a plus confiance. Soudain, au coeur de la bagarre, un éclair traverse la cour, une fumée s'élève et tous se reculent devant la puissance de la magie qui s'exerce. Lorsque la fumée se dissipe, Aliazar et Lucie ne sont plus là. Vivants ou morts, les deux ont disparus, et il ne reste plus que Aymeline, Batossaï, Aïtzol, Nexus et moi.

Dépités, mais nullement découragés, car l'attitude d'Aliazar nous a révélé son imposture, nous nous dirigeons vers ses appartements, afin d'éclaircir si possible sa position au sein de l'Alliance. Au lieu de trouver la place vide, une énorme surprise nous attend : Il y a là Oxione, Aliazar et Lucie bien vivants, qui discutent tranquillement en nous attendant. Cette image sera l'un des dernières que je garderai de l'Alliance...

Dégoûté devant l'impossible et pourtant réelle situation, je fais demi-tour et repars vers la cour. Les changeurs de forme dans la clairière avaient raison, Bjornaer n'aurait jamais du trahir les siens pour ce collège de magiciens de pacotille. Ayant besoin de réflexion, je me transforme et vais me poser sur la plus haute tour de l'Alliance. De là, j'assiste à la fin de la discussion entre mes anciens compagnons et Oxione, qui a pris la parole pour tenter d'expliquer ses actes et la leçon que nous avons subi, pour notre bien et sous la direction des mages de Doissetep. Malgré son assurance rassurante, Oxione ne semble pas voir que la situation lui échappe... Lorsque tout bascule, il ne pourra réagir qu'avec quelques secondes de retard...

Batossaï, excédé lui aussi d'avoir été manipulé, mais surtout fatigué du comportement d'Aliazar et soupçonneux à l'égard de sa soeur, se jette sur Lucie dans un éclair de démence, ou peut-être de lucidité, et coupe la tête de la jeune fille d'une passe magique. Oxione répond à cette attaque en transformant notre ancien compagnon en torche vivante, puis en le précipitant à travers la fenêtre. Je vois le corps de mon ami pris par le feu choir sur les pierres en contrebas. C'est assez con, on vivait a coté d'une cascade, et il est même pas tombé dans l'eau, en bas....

Lorsque je détache mon regard du cadavre de Batossaï, je vois Aliazar, prostré sur le corps décapité de sa soeur, et Aymeline, le regard vide, qui fait demi-tour et quitte la pièce... Quant à Aïtzol, il n'a pas demandé son reste et s'est enfui de la chambre...

C'est la fin de l'Alliance de Runes.

Plus tard, alors que je survole la campagne, j'arrive à percevoir la trace de mes anciens compagnons qui s'égayent dans la nature, Aymeline partant au nord, Aïtzol retournant vers Val Negra, Aliazar errant au hasard avec la tête de sa Lucie plaquée sur sa poitrine, les yeux vitreux, lui autrefois si puissant...

Pour moi, cet épisode est clos, et je m'envole vers la forêt de Sasso avec la pièce d'Illectus que je dois rendre au roc, j'espère pouvoir oublier définitivement la magie hermétique...

- FIN - THE END -