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L'ennemi intérieur - Chapitre 22

oct. 03 2007

Annandil était, à mon propre avis, un sacré taré. Un putain de sacré taré ! Ce foutre de nain voulait me faire croire qu’un nécromant de sa trempe n’était pas forcément mauvais. Mais qu’est ce que j’en avais à battre qu’il serve ou non l’Empire ? C’était un grand malade qui faisait gravement joujou avec les morts. Tout ça à cause d’une blonde décédée depuis belle lurette. Une elfe en plus. Imaginez le couple à la mode dans les soirées impériales : un nabot à moitié maboul et une mort vivante aux oreilles pointues ! Trop la classe.

Ah ! Excusez moi. Vous devez certainement plus rien n’y comprendre. Ben ouais, Annandil ça doit pas vous dire grand-chose et vous devez penser que ce pauvre Josep a du perdre la tête à la vue des déterrés de Chernozavtra. Ben oui et non en fait. Il a bien fallu vaincre ma frousse vu le merdier dans lequel on s’était rapidement mis. Bon on avait bien tenté d’échafauder un plan pour entrer dans la cité sans se faire bouffer par les décharnés, mais il avait fallu qu’Erefne nous fasse une fine démonstration de sa magie de haute voltige. Ah ces Von Pank’Or ! Dès qu’il fallait assurer le spectacle, on pouvait compter sur elle. Entre la gourou censée prier pour nos âmes et qui se ruait tête baissée à chaque boucherie, devançant même le brave Khorint et l’autre qui nous rabâchait à tue-tête que « ce n’est pas très prudent » et qui fonce en volant sans demander son reste dans la ville, on tient une belle brochette d’allumées. La « elfe touche » visiblement.

Bon bref, Erefne vola en direction de la Tour principale mais pris dans un puissant sortilège tomba inconsciente et chuta. L’elfe étant de l’autre côté des remparts, il avait bien fallu la secourir. Je devrais dire, tenter de la secourir. Pourtant on n’y a mis du nôtre, mais on s’est vite inclinés, disons assoupis, face à la magie de Gurthgano Gorthaudh. Nous nous réveillâmes au fond d’un puits de glace mais très vite, vu qu’on avait un message à faire passer au maître des lieux, les morts vivants ont préféré nous laisser le rencontrer plutôt que de nous bouffer en dessert.

Et donc celui que l’on croyait être un elfe s’avéra être un nain du nom d’Annandil.

Ce dernier fut plutôt accueillant et nous raconta même sa vie. Bon c’est un petit peu long à résumer mais disons qu’une existence plutôt mouvementée avait bien secoué sa petite personne. Il avait vécu dans la région de Talabheim où il avait appris la médecine, mené des affaires et s’était enrichi. C’est à cette époque qu’il rencontra Amrunmiriel une jeune elfe, dont il tomba follement amoureux. Mais bon elle eut la fâcheuse idée de mourir jeune. C’est à ce moment qu’il a du commencer à dérailler. Depuis il voue une grande partie de son temps à maîtriser l’art interdit de la nécromancie dans le but ultime de faire revivre sa dulcinée. Il a décidé de faire de Chernozavtra sa ville expérimentale. Entouré de ses zombies depuis une vingtaine d’années, il continuait dans sa folie à espérer. La bourgade était donc devenue, sous la volonté de ce nécromant, morte et désespérée. Et si j’ai bien suivi, perdue autant pour les Dolgans que pour Kislev. Car Annandil la considérait comme sienne et ne changerait jamais d’avis.

Pour ma part, cela ne m’étonnerait pas que dans son passé Annandil fût recherché par les Répurgateurs. Et si je suivais leurs logiques, je ne pouvais traiter avec cet homme. Mais nous n’étions pas en situation de force et il aurait été difficile d’affronter le nécromant sans préparation. Cela nous a démangé avec Heinrich et Khorint, mais on a préféré quitter les lieux après avoir délivrer le message du Tsar. Le nain semblait bien connaître Sulring Durgul. Mais il ne voulait parler que sous la condition de ne pas révéler ses informations.

Bénélis et Erfene ont décidé de rester pour en apprendre plus. En gros Sulring fut le maître à penser du nain, mais ce dernier ne fit que correspondre avec lui. Durgul semblait avoir une obsession profonde : le secret de l’immortalité. Il affirmait d’ailleurs avoir plus de cinq milles ans et d’avoir parcouru tout le Vieux Monde. Mais cet elfe semblait aussi haïr ses frères et se raillait des dieux. Si Durgul était impliqué à Bolgasgrad, on pouvait le soupçonner d’utiliser son art à mauvais dessein. Du point de vue du Tsar et de ses conseillers évidemment. On commençait à y voir plus clair mais Bogdannof devra nous fournir plus d’explications.

Annandil et Erefne discutèrent longuement des techniques nécromanciennes car l’elfe s’était toujours intéressée à cet art magique. De plus il refila aux deux sœurs quelques objets liés magiquement à cet art. Une lame et son fourreau, un talisman, des flèches et d’un bâton orné d’un corbeau blanc sculpté.

Il était temps pour nous de retourner à Kislev.

Annandil mit à notre disposition un moyen de quitter sa ville en évitant les Gobelins. Une diligence de canassons morts vivants volant. Complètement gelés, ils fonderaient en s’éloignant des remparts mais nous permettrait d’aller suffisamment loin pour éviter les troupes montées des éclaireurs gobs.

Mais là vous devez penser que je perds la tête à nouveau…