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Chap-3 Journal de Tom Ereinnean

mars 29 2010

Paris le 14 mai 1937

A l'attention de monseigneur Ernest Waldemar NYSSENS rapporteur auprès du Saint Père et de l'Index des affaires para-religieuses.

Monseigneur,

Je sais l'attention particulière que vous portez à cette tragique affaire, au delà des implications personnelles de votre ami T.E. et des retombées qu'auraient pu avoir cette "expédition" pour le Saint Siège et les autres religions si tout cela avait été amené à devenir public. Comme convenu vous trouverez ci-joint le journal de bord de cette équipée. Les recherches furent longues mais j'ose espérer que mon travail minutieux vous permettra de mieux comprendre les tenants et aboutissants. Il est évident aujourd'hui que nous avons bien fait d'étouffer tout cela, et que nous devons continuer à le faire avec le concours des USA. Si jamais le règime Nazi venait à avoir simplement l'intuition des forces en jeux il tenterait sans aucun doute de s'approprier ces découvertes et pourrait déclencher la destruction de ce monde. Laissons les chercher encore et toujours du coté du Talmud et des Kabbalistes, tant qu'ils s'en tiendront à cette piste nous ne craindrons rien d'eux. Il faut, et je le pense sincèrement, continuer à enfouir cette affaire au plus profond, au même niveau que les templiers ou le comte de Saint-Germain.

... (début des évenements) ...

Jeudi 22 Janvier.

Francine de saint gilles s'habilla sobrement et pris sa voiture, elle roula l'esprit pris par ce qu'elle allait dire. Elle se gara sur la 57 ème, descendit, regarda autour d'elle et s'engouffra dans l'entrée de l'immeuble. Dans l'ascenceur qui la menait au 17 eme ètage, elle repassait son texte, non pas qu'elle allait debiter une tirade à la virgule près, mais quand même il fallait qu'elle ait l'air sure d'elle et ne laisse pas le moindre espoir quant à ses intentions à son interlocuteur. Elle poussa la porte de l'office et se rendit droit au bureau de la secrétaire, s'annonca auprès de celle-ci qui lui repondit de s'asseoir et que Maitre Bradley Grey allait arriver. Maitre Bradley Grey était l'avoué de la famille Carlyle, le gestionnaire attitré de la fortune et des entreprises du groupe. Elle n'eut pas à l'attendre longtemps. Il s'avanca vers elle en tendant la main. Elle se leva et saisi cette main. La force et le regard droit de maitre Grey faillirent faire perdre pied à Francine, mais elle se ressaisit de suite. Une fois installés dans son bureau, il lui demanda tout naturellement le but de sa visite. Ca y etait, c'etait à elle, son heure de gloire et personne pour la voir. Elle expliqua donc qu'elle avait des informations sur Roger Carlyle, sur l'expédition, qu'elle détenait de nombreuses informations vitales et qu'elle voulait en discuter avec qui de droit, Ericka et non pas lui. Quand elle eut fini et daigna laisser la parole à Maitre Grey, celui-ci ne put répondre que par le fait qu'il allait de ce pas prendre rendez-vous avec Miss Carlyle et qu'il contacterait Mademoiselle de Saint Gilles d'ici peu. Elle partit la tête haute et le coeur gonflé d'orgeuil d'avoir réussi sa mission. Par ailleurs elle apprit aussi de la bouche Grey que Roger Carlyle s'était totalement désintéréssé des affaires du groupe, que ses lubies prennaient de plus en plus d'importance dans sa vie et que le fait qu'il disparut fut plutôt une bonne chose pour le groupe car sa soeur reprit les rennes avec fermeté.

Pearson recu un coup de fil du département scientifique du BIR alors qu'il était en train d'examiner à nouveau les comptes de Jonhattan Griffin. Silas N'Kwane, telle était la réponse, il la notat distraitement dans un coin, se repenchant sur les déclarations d'impôts de 1922 de Griffin. Il sourit et referma le dossier.

Mary-Jane entra dans le bureau de Platon Fansworth et lui remit le courrier. Il ne la regarda pas aspiré qu'il était par le nouveau manuscrit de cet auteur atypique qu'est H.P Lovecraft. Il lui reclama un café alors qu'elle ressortait. Il tria les factures et bloqua sur la lettre adréssée à Jackson Elias, ici aux éditions Propesro Press. La lettre venait de Harvard. Il pris son ouvre-lettre en argent et ouvrit delicatement cette lettre. Il la deplia. Elle venait de la bibliothèque d'Harvard et etait signée de la main de Miss Artwright. Celle-ci lui signalait qu'elle avait réussi à trouver le livre et qu'il fallait qu'il la contacte. Platon fit comme son illustre homonyme et s'interrogea, non point sur la passion et la mort, mais sur ce qu'il devait faire. Y aller? telephoner? Quoi dire? Comment se presenter? Il prit le téléphone et appela la bibliothèque d'Harvard, il eut assez rapidement Miss Artwright qui d'emblée lui indiqua que Jackson Elias l'avait contacté le 14 janvier parce qu'il etait à la recherche d'un livre qui s'intitulait "Sectes secrètes d'Afrique", mais que ce livre avait disparu des rayonnage depuis quelques mois sans toutefois avoir été officiellement emprunté. Elle lui apprit aussi que ce livre était considéré comme une référence en la matière. Platon lui demanda en dernier lieu de lui envoyer la liste des autres ouvrages que Elias recherchait. Platon raccrocha et se mit à réfléchir. Il se dit qu'il avait une carte à jouer auprès de Griffin, et que peut être même il pourrait en retirer en plus d'un récit à écrire un peu d'argent. Il pris son manteau, signala à Mary-Jane qu'il sortait et ne savait pas s'il reviendrait dans la journée. Après avoir déjeuner il se dirigea vers les bureaux de Griffin. Griffin le recut rapidement. La discussion autour de l'engagement de Platon fut âpre, l'un comme l'autre ne voulant pas lacher le moindre dollars. Griffin sentit toutefois que l'envie d'être de l'expédition etait plus forte que le besoin d'argent de Platon. Il trouvèrent un accord à 150$ la semaine que Platon était prêt à accepter de suite, mais il demanda quand même un délai de reflexion par principe.

Après avoir absout nombre de paroissiennes, Tom Eireneann s'en fut à la cathédrale Saint Patrick sur Madison, il y retrouva avec un plaisir non dissimulé l'archevèque Hayes, avec qui il avait passé de nombreuses soirées à discuter de l'église, de ses fondements et de la qualité des divers whiskeys irlandais. Il discutèrent un bon moment de tout, de rien, de Dieu en somme, puis Tom lui demanda si Ericka Carlyle fréquentait son église. L'archevêque repondit que oui, mais qu'il nela connaissait pas personellement, elle venait une à deux fois par mois pour l'office du dimanche et était généralement accompagné d'un gorille qui restait plutôt en dehors de la cathédrale. Ils burent le saint Paddy et se quittèrent, se promettant de gouter bientôt de nouvelles cuvées.

Jonhattan Griffin, alluma son cigare quand la porte sonna, il regretta l'absence de Pietro et s'en fut ouvrir. Il trouva Francine de Saint-Gilles qu'il pria d'entrer. A peine eut il guidé celle-ci dans le salon que la carillon de la porte sonna de nouveau. Platon fit son entrée, puis vint celle de Tom. La soirée fut agréable, le whiskey de bonne qualité, les plats divins et la décision fut prise de partir. Egypte, Kenya, Ethiopie, des noms qui remontaient de nombreux souvenirs dans les têtes de Tom et Francine, qui excitaient la curiosité de Jonahattan et laissaient quelques peu froid Platon qui irait là où l'argent se trouverait. Tom interloquât quelque peu Francine quand il lui demandît si elle cherchait toujours à rencontrer Ericka Carlyle. Elle ne se souvenait pas en avoir parlé devant lui, peut être devant son frère, ce qui expliquerait cela. Ce prêtre l'intriguait de plus en plus, il semblait savoir des choses, connaitre l'afrique, avoir des connaissances sur les religions et pourtant elle ne savait rien de lui ni de son passé. Tom lui apprît qu'elle pouvait avoir la chance de rencontrer Mrs Carlyle dans la cathédrale Saint Patrick lors de l'office le dimanche. Elle crût qu'il pourrait la lui presenter, mais se souvint qu'il n'officiait pas là. Vraiment elle ne savait sur quel pied danser avec cet irlandais. Les discussions prirent fin faute de ne pas avoir leurs autres co-voyageurs avec eux. Chacun retournat vers ses pénates la tête pleines qui de tribus noires dansant autour d'un feu, qui de livres secrets, qui de brumes alcooliques.

Vendredi 23 Janvier.

Pietro se glissat dans la salon de Jonhattan, il cachât tant bien que mal sa douleur.

  • Patron?
  • Oui Pietro?
  • Les nègres... il se retint de cracher sur le tapis de son patron.
  • Oui et bien les "nègres"?
  • Et bien le commanditaire c'est Silas N'Kwame, c'est lui le chef des singes de la "langue sanglante". Ils ont leur pied-à-terre dans la boutique juju au coin de la 137eme et Lennox. Mais leur véritable boss c'est Mukunga qui lui est souvent dans un bar appellé "la grosse Mabelle" sur la 139eme et Eastside.
  • Et... tu les a vus ce Moudouda et ce Ennequamé?
  • Patron!!! c'est à Harlem le quartier de negros!! Jamais j'irai là-bas, ou alors pour y foutre le feu!!!
  • Et bien il faudra quand même y aller et te tenir.
  • Patron...

Sur ces paroles, Griffin prit son téléphone et appela Francine en premier lieu. Il fit de même avec Pearson, Eireneann et vainement avec Farnsworth. Eireneann, Saint Gilles et Griffin se retouverent devant une collation en milieu de matinée. Griffin tenta de persuader Eireneann d'aller à la boutique Ju-Ju. Tom ne voyait absolument aucune raison pour aller en tant que prêtre trainer ses guêtres dans une boutique qui, au premier abord, semblait être une boutique tourné vers le vaudounô et autre religions animistes. La discussion fut sans fin et Tom ne lacha pas le morceau. Elle ne fut interrompu que par l'arrivée de Pearson. Il semblait satisfait de lui même. Il expliqua alors avec emphase que grâce a lui, et aussi un peu au BIR, il avait résolu le mystère. L'auditoire était suspendu à ses lèvres. Il savait où etait située l'entreprise Emmerson Import, qui la dirigeait, ce qui s'y faisait. Il menagea tout de même son effet. Il commenca par dire que du point de vue du BIR, cette entreprise était tout ce qu'il y avait de plus normale. Quelle était dirigée par Arthur Emmerson, un homme bien sans antécédents d'un cinquantaine d'années, qui importait essnetiellement des chargements pour la boutique JU-Ju depuis Mombasa (encore?) au Kenya. Que Ajha Singh (un indien?) était là bas son relais. Il leur apprit aussi que ce qui était marqué au dos de la carte de visite d'Emmerson trouvée sur Elias Jackson était le nom du propriétaire de la boutique Ju-Ju : Silas N'Kwame. Elias, leur raconta t il, était venu voir Emmerson le 14 janvier pour se renseigner justement sur la boutique et son propriétaire, et avait annoncé son intention de se rendre là bas. Pearson se tût et attendît, en vain. Les remerciements et les louanges ne vinrent pas. Non, la première réaction fut celle de Griffin, qui demanda ce que la boutique "joujou" importait, et si il avait pu le vérifier. Pearson dit que c'était de l'art africain surtout, l'avait il vérifié, non pas par lui même, mais les douanes n'avaient jusqu'a présent rien trouvé à redire. L'impétueuse Francine proposa alors d'intercepter des caisses et de vérifier, Pietro lui emboita le pas. Pearson ne pouvait pas participer à celà ni même en entendre parler. Tom ne comprennait pas ce moyen. Il proposa de faire simple, Griffin irait avec Francine comme si ils etaient un couple, a eux de voir si il était légitime ou non, faire des emplettes dans cette boutique. Pietro semblait nerveux, il ne voulait pas avoir à faire avec Silas, tout au plus il voulait lui trancher la gorge, il ne voulait surtout pas se faire assassiner par ces nègres cannibales. Jonhattan proposa à Paerson de rester en retrait quand ils iraient là bas, de surveiller, comme ca il n'aurait aucune implication officielle dans l'affaire.

En ce début d'après midi ensoleillé mais froid, le "couple" accompagné de leur chauffeur firent irruption dans la boutique JuJu. Une simple échoppe dans une rue impasse. Le capharnaum regnait en maitre dans cette boutique. Ici des masques, là des lances, des meubles, des...choses, des machins, tous de facture africaine et facturés en dollars. Un homme sortit après l'entrée des trois visiteurs et ils se trouvèrent seuls avec un vieil homme noir de petite taille. La conversation allait bon train, Miss de Saint Gilles disant qu'elle cherchait des masques particuliers, des lances amenant "discrètement" la descripion sur le masque et les lances des agresseurs de la "langue sanglante", et parlant de ses jeunes années en Afrique orientale. Ils firent quelques emplètes et s'en furent sans renseignements.